Cas d’astre

Cas d’astre

A pas feutrés il traîne avec elle et ses questions obsolètes ou déformées du remords ; « Vous avez raison » répond-il. Parfois jusqu’à préciser : « Mes entrailles brillent désormais de leur transparence et répandent autour d’elles une saine odeur de calcaire ».
Elle s’agrippe, se frotte à lui, ses yeux interrogateurs soulignés d’ombre. Son corps dégagée de sa robe se dégrade vers l’invisible sous la lumière granuleuse de carrelettes avalés par l’opacité.

Des oiseaux sortent de sa poitrine comme des gouttes s’échappent à ses côtés de sa main, peau pâle. Mais l’homme, inachevé, tête comme un masque d’outre-monde, n’est fantôme que fantôme. Quelques grammes d’air caillassent son visage. Devant cette mare salée, la femme se noie.
Doué de parole, il s’exprime toujours – au besoin, en se contentant de réciter la recette d’une sauce tomate italienne aux olives qu’il aurait inventée. Mais une telle femme aurait décidé de la tenir secrète.

jean-paul gavard-perret

Photo Sylvie Caoline

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