Boris Okoff, La femme de Barbès

Boris Okoff, La femme de Barbès

Okoff est un gentil (qui se cache) et, comme ses personnages masculins, il respecte les femmes. Pour les unes et les autres, dans ses nouvelles, il est un soutien constant voire un bienfaiteur, mais qui ne lâche rien même dans des histoires de crimes et de bords d’existence, entre Paris et Marseille.
C’est pour les lecteurs et lectrices l’occasion de croiser bien des faunes et faunesses, parfois aux tenues bariolées et les héros (ou leurs narrateurs) font parfois preuve d’un humour bien à eux, même s’ils ignorent leur provenance – surtout les inconnus récurrents, proches, menaçants, surgissant de nulle part, de n’importe où, à n’importe quel moment.

Déceptions, tortures, souvenirs obsédants, rires sont là pour assiéger le cerveau des lecteurs qui eux-mêmes peuvent se sentir pourchassés voire traqués et hantés par leur retentissement. Existent dans ces nouvelles des harcèlements mémoriels et des calvaires acoustiques difficiles à imaginer (sinon dans le stade de l’O.M.).
D’échos en échos, de nouvelles en nouvelles, les exercices de tendresse sont bombardés de réminiscences suaves. Ne buvant qu’à cette source, l’auteur ne cesse d’évoquer divers exils – élixirs puissants et prodigieux capables d’envoûter, d’hypnotiser voire de rêver d’y goûter.

Des corps sont enlisés, piégés dans des sables mouvants tout en refusant de voir la misère comme une fatalité. Mais les laissés pour compte tentent leur chance. Et pourquoi pas ? La femme de Barbès et les autres sont prêtes à franchir le Rubicon là où personne n’avait osé le traverser non sans bravoure mais parfois devant des coups de couteau. Parfois, ils font un bien fou. Les suivants moins – même si un quidam peut rejoindre si la bande de Yul Brynner, Steve McQueen et leurs acolytes. Crimes après crimes existent alors des sorties de secours.
Restent là des sursaut d’adrénaline pour quitter toute torpeur et échapper à l’engourdissement de mornes existences dénuées de sens et d’intérêt. Mais Okoff nous donne l’occasion de plonger en apnée en retraçant souffrances et fantaisies.

Boris Okoff, La femme de Barbès Nouvelles, Editions Douro, coll. Le Bleu Turquin de Jacques Cauda , Chaumont, 2026, 149 p. – 18,00 €.

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