Benjamin Stevenson, Toutes les fêtes de Noël commencent par un meurtre

Benjamin Stevenson, Toutes les fêtes de Noël commencent par un meurtre

L’auteur propose un roman en vingt-quatre chapitres renfermant chacun un indice, sauf le dernier où est révélé le nom du ou des tueurs.

Ce nouveau roman présente la troisième aventure d’Ernest Cunningham, le héros, voire l’anti-héros de Benjamin Stevenson. La lecture de sa première enquête, Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu’un, a permis une belle découverte, un remarquable thriller humoristique dans la veine des romans d’Agatha Christie pour le final.
Ernest est un écrivain à compte d’auteur, expliquant comment on écrit des romans policiers à partir des dix commandements édictés par Ronald Knox en 1929. Pour l’heure, il maudit sa tante qui a tenu à réunir toute la famille dans la plus haute station de montagne d’Australie car il angoisse à l’idée de retrouver ses proches qu’il n’a pas vus depuis trois ans.

Ernest est devenu un romancier après avoir raconté comment il a dû lutter de toutes ses forces pour vaincre un tueur en série que la presse avait surnommé La Langue Noire. C’est à ce titre qu’il est invité au festival australien du roman policier, manifestation qui se déroule dans quelques wagons du Ghan, un train qui traverse l’Australie dans sa largeur. Il raconte dans Tout le monde dans ce train est suspect, que sept écrivains montent dans ces wagons et que seuls cinq vont arriver à destination.
Son nouveau roman commence quand Le héros téléphone à Juliette sa nouvelle compagne, la dame qui était propriétaire de la station de ski où il véctu sa première enquête.

C’est un alibi bien bancal qu’Ernest sert à Juliette quand il se rend chez Erin son ex-épouse. Le matin même, elle lui a envoyé un texto : « J’ai besoin de toi. » Lorsqu’il arrive dans la petite ville de Katoomba, au cœur des Blue Mountains, il apprend que la police a arrêté Erin en l’accusant de meurtre. Lorsqu’il la voit, elle a les mains tachées et des traces de sang sous les ongles. Pourtant, elle ne se souvient de rien. Elle a trouvé Lyle, son nouveau compagnon, poignardé dans la cuisine.
Quand un témoin essentiel rend l’âme sous ses yeux, Ernest comprend qu’il doit vite agir. Or, quand on découvre que la victime a téléphoné la veille à la police pour annoncer un meurtre…

Le romancier agence son livre sous la forme d’un calendrier de l’Avent qui mène le détective amateur à la solution la nuit de Noël. Une fois encore, Benjamin Stevenson surprend par sa capacité à proposer des récits innovants où il mêle dans un apparent bazar ironie, maladresse et lucidité. Il joue avec adresse des archétypes avec le récit d’une investigation policière à laquelle le lecteur est amené à participer.
Une galerie d’individus bien agencée fait vivre cette nouvelle énigme entre le proche trop parfait, le rival, la confidente, le témoin gênant… L’auteur joue avec un narratif malicieux et s’adresse régulièrement à ses lecteurs. Ainsi, il explique, pour faire passer un mensonge, que c’est avec eux qu’il a conclu un pacte d’honnêteté mais pas avec les personnages de l’histoire.

Une fois encore, Benjamin Stevenson signe un polar futé, drôle et admirablement conçu.

Benjamin Stevenson, Toutes les fêtes de Noël commencent par un meurtre (Everyone This Christmas Has a Secret), traduit de l’anglais (Australie) par Cindy Colin-Kapen, Sonatine, octobre 2025, 240 p. – 21,00 €.

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