Antonio Moresco, La petite lumière

Antonio Moresco, La petite lumière

« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant » : ainsi commence La Petite Lumière. C’est le récit d’un isolement, d’un dégagement mais aussi d’une immersion. Le lecteur, pris dans l’imminence d’une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s’offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disparition possible là où il y a encore « à certains endroits escarpés où le terrain s’est éboulé, des racines d’arbres vivants posées sur des affleurements de roche nue ou bien complètement hors de terre, tendues dans le vide. »

Mais existent ou survivent des arbres mourants étouffés par le nuage du lierre et d’autres plantes grimpantes  » qui montent vers le ciel pour les envelopper dans leur étreinte mortelle« . Mousses et des lichens emmaillotent de leurs linceuls de velours et de verre des colonnes de bois penchées et de grosses pierres affleurantes et finalement le paysage donne l’impression qu’il n’y a pas que le haut et le bas là où des milliers de plantes végétales s’entrelacent ou se combattent. Néanmoins, l’espace fait signe par cette petite lumière que le narrateur perçoit tous les soirs et dont il décide d’aller chercher la source. Il part en quête de cette lueur et trouve, au terme d’un voyage dans une forêt animée, une petite maison où vit un enfant.

S’établit un dialogue avec lui. Et une relation s’ébauche dans la correspondance parfaite des deux personnages. Cette correspondance offre au narrateur l’occasion d’un final inattendu. Désormais, la petite lumière sera comme une luciole pour les lecteurs qui croient encore que la littérature est une quête. Sa portée se se mesure dans ses effets sur l’existence. S’y nouent avec intimité et intensité le réel et le fantastique dans une langue d’une grande densité poétique.

Antonio Moresco, La petite lumière, traduit de l’italien par Laurent Lombard, Collection Verdier/poche, 2025, 192 p. – 9,50 €.

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