Antonella Anedda,

Antonella Anedda,

Née à Rome où elle vit toujours, Antonella Anedda est une poète, essayiste et traductrice italienne d’origine sarde et corse. En 1999, son recueil Notte di pace remporta le prix Eugenio-Montale. En 2023, un premier volume de ses œuvres complètes paraît chez Garzanti. Elle est aujourd’hui saluée comme l’une des figures majeures de la poésie italienne contemporaine.

Historiae (titre est emprunté à Tacite) rassemble des chroniques poétiques traversant l’histoire de la Méditerranée, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. La poésie est pour Antonella Anedda le vrai langage pour trouver la distance afin d’observer et d’écrire la violence historique de tes paysages d’oliviers et de ruines. Elle y décèle des traces sensibles de résistance face au dénuement des existences et au tragique de l’« été de massacre » où la radio italienne diffusa chaque jour le décompte des migrants noyés en Méditerranée.

Sa manière de montrer au sein des ses îles et de ses terres ses émotions de manière sourde et allusive trouve une musique chère à Montale. Pour preuve, cet aveu de manière plus prégnante : « Je juge d’après ma géographie, ici les volcans n’existent pas / la terre ne s’effondre pas, les maisons restent / clouées sur les pierres. L’île n’a pas de lave, ni de vipères ». Mais celle-ci glisse imperceptiblement comme les continents et les dérives de leurs politiques. Et toutefois, si son île se fissure, c’est non à cause du soleil ou des tremblements de terre : sa vieillesse tient aux nombreuses impérities du monde tel qu’il devient.

jean-paul gavard-perret

Antonella Anedda, Historiae , traduit de l’italien par Marie Fabre et Sylvie Fabre G., Æncrages & Co, collection Parallèles, 2025, 64 p. -21,00 €.

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