Antoine Tracqui & Jean Diaz, Autopsie – t.02 : « Bloody Sunday »
Une autopsie à hauts risques
Paul Wahlberg, ce médecin légiste, raconte son quotidien, les bonnes fortunes auprès des dames que lui offre son métier. Il décrit sa journée de travail à l’Institut of Forensic Medecine de Chicago. Il est talentueux et il le sait. Le samedi soir, il boucle sa semaine en allant boire un verre dans son bar préféré. Ce soir-là, arrive une jeune femme qui semble déstabilisée. Il l’approche et semble la séduire. Or, en allant à sa voiture, elle le désigne à deux malabars.
Lorsqu’il reprend conscience, il est face à cette jeune femme qui se présente comme Bianca Scarfone. Elle cède sa place à Luca Scarfone, une pointure du crime, un mafieux psychopathe. Celui-ci a besoin d’un petit service. Il veut que Paul fasse l’autopsie de Thomas, son fils, pour trouver les salopards qui l’ont tué. Il a vingt-quatre heures pour cela sinon il sera exécuté. Le compte à rebours commence…
Après Le Sacrificateur, remarquable tome 1 (Oxymore – 2024), le scénariste propose un récit bien différent avec un nouveau héros. Celui-ci est plongé dans le milieu criminel au sein d’une famille dysfonctionnelle avec une belle épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il doit, dans une villa, avec les moyens du bord, mener toutes les phases d’une autopsie pour aboutir à la piste du ou des tueurs. Il lui faut mobiliser tout son savoir-faire pour tenter de trouver la façon dont cet homme est mort et dans quel environnement l’exécution a pu avoir lieu. Mais il ne peut travailler avec une certaine sérénité car les événements, autour de lui, se précipitent dangereusement.
En pages 2 et 3 de couverture, on trouve le compte-rendu du légiste relatif à Thomas Scarfone avec toutes les indications relevées lors de l’observation du corps et les résultats des analyses suite à la dissection.
Le graphisme est le résultat d’une collaboration étroite entre Jean Diaz qui assure le dessin et Antonino Giustoliano d’Arancia Studio pour les couleurs. Le premier assure un dessin réaliste tant pour les différents protagonistes que pour les phases d’autopsie. Le tout est réalisé avec un trait efficace dans le traitement de la gestuelle, de l’expressivité des personnages. Les décors sont détaillés donnant une belle idée du cadre où se déroulent les différentes phases de l’intrigue.
Les couleurs d’Antonino Giustoliano accompagnent avec efficacité les actions, renforçant les ambiances ensanglantées, les atmosphères lourdes et dangereuses.
Un second tome superbe qui conforte toutes les qualités révélées dans le tome précédent, une intrigue originale dans un cadre peu commun, le tout servi par une mise en images qui laisse peu de place à l’inconnu.
serge perraud
Antoine Tracqui (scénario), Jean Diaz (dessin) & Antonino Giustoliano (couleurs), Autopsie – t.02 : Bloody Sunday, Éditions Oxymore, coll. Thriller, janvier 2025, 60 p. – 16,50 €.