Alex, t’es rieur ?
(Corps puce II)
Tu attends. Arrêtée on dirait au bord du mouvement et désireuse seulement de le relancer. « Tu veux ? » « Regarde ». « C’est mon cœur, ça serait mon cœur pour toi si tu veux Tu es prête. Répétant le geste premier qui est pour offrir l’amour. Muse et Eve et Vénus mais nue. Ange nu maintenant. Simple enfant ici tombée du ciel elle aussi, une comme une autre, infautive et fatale déjà et mère. Vierge et divisée. Venue pour annoncer la nudité de l’amour. – « Tu as peur? », – « Je sais que tu as peur. Il ne faut pas » – « Regarde c’est tout ce qu’il y a, rien dessous ». Puis souffle et chair et retour, sang et sentiments. Corps oui, coupés tenus ensemble par rien d’autre.
Tu dis que de naître et mourir comme ça l’un devant l’autre,, ici dans la lumière, c’est ça. Tu ajoutes que nous sommes cette venue chaque fois comme si c’était la dernière fois. Regarde. Bleu jaune rouge, couleurs, couleurs etc. et larmes et matière émue un temps. Un temps tu souris. « Viens ». Tu dis. Et tu ajoutes « c’est un jeu c’est tout, tu viens ? ». Tu as l’air vivante, si vivante. D’être là. C’est tout.
jean-paul gavard-perret
Photo : Wang Fuchun