On n’aime pas les chats
Une histoire absurde, comme la logique irrationnelle de l’intolérance et du racisme
Peu à peu les Éditions Sarbacane font leur chemin dans le genre si spécifique de l’album, qui va du dépliant pour tout-petits au livre pour jeunes adolescents (voir Frérot, Frangin chroniqué dans ces pages) ; à la lecture du catalogue de nouveautés, on constate que tous les titres se caractérisent par la richesse et la multiplicité des graphismes, l’élégance de la présentation et l’originalité des sujets traités, qu’ils soient impertinents ou graves.On n’aime pas les chats appartient à cette dernière catégorie.
C’était un chat qu’on n’aimait pas.
[…]
Et on n’aime pas les chats.
Voilà ! C’est comme ça.
Ça ne s’explique pas.
Alors puisqu’on ne l’aimait pas, il n’avait pas à rester là : qu’il déguerpisse !
Et vite !
Dans une ville tristement anonyme, les habitants semblent s’inquiéter de la présence d’une communauté colorée qui ne demande qu’à se faire accepter. Afin de retrouver leur tranquillité les habitants font leur possible pour chasser les chats de la ville et lorsque la dissuasion ne suffit plus, c’est la violence qui prend le relais…
Cet album est le quatrième titre aux éditions Sarbacane d’un auteur rare et singulier, François David, poète, fondateur de la revue sur cassettes Voix, directeur littéraire (éditions Motus) et auteur jeunesse. Sa voix forte et pudique accompagne les dessins et collages de Géraldine Alibeu auteure de plusieurs ouvrages illustrés et cette association réussie donne une histoire dérangeante qui distille au fil des pages une fascinante inquiétude.
Une histoire absurde ? Absurde en effet comme la logique irrationnelle de l’intolérance et du racisme. Comme le rêve d’un monde où la ressemblance serait un idéal.
patricia chatel
François David, Géraldine Alibeu, On n’aime pas les chats,éditions Sarbacane, mars 2006, 18 x 31 cm, 32 p. – 14,90 €.
A partir de 6 ans.