Imbroglius

Imbroglius

Un premier ouvrage mêlant astucieusement la science-fiction et le roman policier

Nous sommes en 2202 à Lo-Nast. Afin de subsister, Alea, 14 ans, aide sa mère Neve, détective privé, à boucler ses dossiers. Mais dans un monde où la grande criminalité a disparu, il y a peu d’affaires palpitantes à se mettre sous la dent hormis les activités frauduleuses de quelques entreprises. Un jour pourtant, un cadavre est découvert et il est impossible de l’identifier alors que l’ADN de tous les habitants est stocké et contrôlé par un réseau omniscient, l’Imbroglius. Intrépide et rusée, Alea va devoir démêler les « nœuds » a priori impénétrables du super réseau.

Kim Tran Nhut est professeure de physique et auteure, avec sa sœur, d’une série policière située dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle, Les Enquêtes du Mandarin Tan (éditions Philippe Picquier). Elle écrit seule ce premier ouvrage pour adolescents qui mêle astucieusement la science-fiction et le roman policier. L’univers qu’elle décrit, plus proche d’Orwell que d’Asimov, est crédible et plutôt inquiétant même si les agressions et les crimes de sang ont disparu : la crise du logement impose une cohabitation à plusieurs familles dans des appartagements insalubres infestés de bori-orgis, sortes de rats grouillant dans les conduits de distribution d’aliments ; on peut s’offrir des enfants parfaits et un réseau mondial, monstrueux prolongement d’Internet, contrôle les individus.

Sur cette trame futuriste se greffe l’enquête policière menée à un rythme soutenu et dont le suspense ne faiblit pas, jusqu’au dénouement de l’énigme qui scotchera le lecteur sur sa réacchaise.

patricia chatel

Kim Tran Nhut, Imbroglius, Magnard Jeunesse, coll. « Grand format », 2004, 288 p. – 12 €.
A partir de treize ans.

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