Il était une fois la RKO, l’âge d’or du cinéma américain
Un somptueux coffret qui permet de mesurer la richesse des productions de ces studios
Fondée en 1928, la RKO fut, entre les années 30 et les années 50, l’un des studios les plus inventifs d’Hollywood. Les opus figurant dans ce copieux coffret permettent de mesurer la richesse de sa palette, allant de King Kong (le premier film de monstres) à des chefs-d’œuvre inclassables comme Citizen Kane de Welles, en passant par des films d’horreur raffinés, des films noirs qui firent date dans l’histoire du genre, des comédies musicales inégalables avec Fred Astaire et Ginger Rogers, et des westerns de John Ford. Hitchcock (Soupçons) et Losey (Le Garçon aux cheveux verts) font aussi partie de la sélection dont la variété force l’admiration, allant de pair avec un niveau artistique sans faille.
Chaque long métrage est présenté par Serge Bromberg, qui s’avère, outre ses qualités d’érudit, un commentateur éloquent et sympathique. Un documentaire formidable, La RKO, une aventure hollywoodienne, réalisé par Philippe Saada, retrace l’histoire du studio avec l’aide de Bertrand Tavernier, Joe Dante et Michel Ciment, dont les propos se complètent pour nous offrir une passionnante leçon d’histoire du cinéma. Le choix d’extraits et de photos illustrant les commentaires est riche, bien rythmé, toujours appréciable. On regrette seulement les défauts de prononciation de la voix off, qui déforme systématiquement certains noms propres, empêchant par moments qu’on comprenne imédiatement à qui elle se réfère. Mais c’est là un tout petit inconvénient, comparé aux qualités du travail accompli par Saada. Figurant sur le DVD du Saint contre-attaque de John Farrow, l’un des films les moins originaux de la sélection, ce documentaire constitue un supplément qui nous évite de rester sur notre faim en visionnant le disque en question.
L’ensemble du coffret est d’autant plus satisfaisant qu’il reflète bien l’histoire de la RKO sans manquer aux exigences propres à lui attirer un large public : l’on y trouve des films très spectaculaires, des chefs-d’œuvre, des raretés et des curiosités, si bien que personne ne risque d’en être déçu, même pas les enfants (King Kong et les comédies musicales peuvent leur plaire).
Les cinéphiles vont sans doute se précipiter dessus, mais on peut aussi bien en faire cadeau à des néophytes, voire à des gens que “les vieux films” rebutent a priori : il y a là de quoi leur faire prendre goût au cinéma classique.
agathe de lastyns
« Il était une fois la RKO, l’âge d’or du cinéma américain« , coffret de 25 DVDs, Editions Montparnasse, septembre 2010, 40 heures, 100,00 €