George Chesbro, Le Seigneur des glaces et de la solitude / Augusto De Angelis, Le Banquier assassiné / Wolf Haas, Quitter Zell

George Chesbro, Le Seigneur des glaces et de la solitude / Augusto De Angelis, Le Banquier assassiné / Wolf Haas, Quitter Zell

Trois romans très divers qui ne troublent pas la cohésion de la collection Rivages/Noir. Véritable régal de lecture et heureuses découvertes.

George Chesbro inaugure cette sélection avec un roman qui approche les frontières du fantastique, de l’effroi et de l’humour caustique. Augusto De Angelis, lui, nous propose un retour vers le mystère. Ce classique de la littérature policière italienne intègre la série « mystère » codirigée par Claude Chabrol et François Guérif, et a ce petit accent vieillot qui ravira les adeptes du genre. Wolf Haas, qui est, en quelque sorte, le troisième larron atypique, nous emmène en Autriche, où son héros s’ennuie mortellement au sens second du terme pendant que d’autres en subissent le sens propre. Trois perles totalement différentes, qui sont autant de façons de passer un excellent moment de lecture.

George Chesbro, Le Seigneur des glaces et de la solitude

En Alaska, la lente érosion d’un glacier a mis à jour l’existence d’une grotte d’où les explorateurs ne reviennent pas. Elle devient très vite un lieu religieux. Quand Marc Coletis, un jeune déséquilibré, s’y aventure, son père demande à Mongo de le retrouver. Dans cette grotte, Mongo découvre les restes d’une ancienne civilisation ainsi que des créatures mutantes, souvent carnivores. C’est un Marc Coletis au sommet de sa schizophrénie qu’il sauve d’une mort certaine. Leur retour à la surface est aussi l’avènement d’un nouveau messie manipulé par des mains expertes. Les prophéties s’intensifient, et les icônes des autres religions se consument dans les flammes. Les adeptes de cette nouvelle religion sont de plus en plus nombreux. Les extrémistes des autres se lancent dans une lutte sans merci et l’équilibre de la planète est mis en danger. Mongo et son frère sont profondément agnostiques. Leur bureau se met en chasse. La situation est grave, mais pas désespérée, et ce ne sont pas quelques balles dans le buffet qui vont arrêter Mongo, ni même le rapt de son frère.

 

Augustus De Angelis, Le Banquier assassiné

Au milieu de la nuit, alors que l’ennui est à son paroxysme, le commissaire De Vincenzi voit débarquer son ami de collège, Arrigi. C’est un homme abattu, qui a perdu un demi-million de lires à la bourse, qui est ruiné et qui voit son mariage avec une jeune femme noble s’envoler. Quand il apprend que le cadavre d’un banquier est retrouvé dans les appartements d’Arrigi, De Vincenzi est plus que perplexe. Il ne croit pas aux coïncidences. Les allées et venues de la fiancée d’Arrigi dans son immeuble, la présence d’un étrange locataire sous les combles, le drame sous-jacent chez une famille emblématique, et le défaitisme trouble d’Arrigi, sont autant d’éléments qui font que De Vincenzi ne peut arrêter une enquête à l’aboutissement évident : Arrigi est coupable. Alors, le commissaire s’enferme dans une sphère où l’intuition est primordiale.

 

 


Wolf Haas, Quitter Zell

Brenner a quitté la police pour devenir détective pour une compagnie d’assurance. À Zell, station de ski autrichienne, Brenner est amené à poursuivre l’enquête sur la mort d’un couple de vieux Américains fortunés, retrouvés sur un télésiège. Malgré l’ennui qui le submerge et la stagnation de l’enquête, Brenner apprivoise peu à peu la société de Zell et découvre un personnage charismatique et séduisant : une femme sans mains et qui semble faire la pluie et le beau temps. Et, comme souvent, il faut chercher ce qui dans une famille a conduit à un drame criminel.

 

 

julien vedrenne

   
 

-  George Chesbro, Le Seigneur des glaces et de la solitude (traduit de l’américain par Jean Esch), Rivages coll. « noir » (n° 604), mai 2007, 370 p. – 9,50 €.
-  Augusto De Angelis, Le Banquier assassiné (traduit de l’italien par Danièle Valin), Rivages coll. « noir » (n° 643), avril 2007, 208 p. – 8,00 €.
-  Wolf Haas, Quitter Zell (traduit de l’allemand – Autriche – par Marie Reygnier), Rivages coll. « noir » (n° 645), avril 2007, 176 p. – 7,50 €.

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