Claude Amoz (texte) / Stéphanie Léonard (photographies), Tours de clef
Patricia hante à nouveau le quartier de Censier à la rencontre de ses anciens démons.
Patricia est une quadragénaire qui a eu le malheur de faire ses études lors de l’après mai 68, d’être candide et mal entourée. À partir de là, rue de la Clef, dans le 5ème arrondissement de Paris, où elle loge en compagnie d’étudiants, c’est le drame. Petit à petit, au rythme des amours et des déceptions perdues, Patricia sombre dans une déchéance qui va l’amener en prison puis à côtoyer les psychiatres.
Étrangement, des années plus tard, sa réinsertion professionnelle, au sein d’une petite agence immobilière dont le gérant la saute odieusement en la traitant de salope avant de regagner son foyer et sa femme, repasse par ce quartier riche en souvenirs. Un jeune homme, Olivier Fauduelle, journaliste – le métier qu’elle aurait voulu faire – vient visiter un appartement miteux. Il ne se doute pas du trouble qu’il va générer.
Ces dernières années, Claude Amoz s’est révélée comme une des « Reines du noir », statut réintroduit par Fred Vargas et Maud Tabachnik, après des années de disette. Elle fait habituellement ses classes chez Rivages (Bois-Brûlé, Étoiles cannibales). Avec le cinquième arrondissement et la rue de la Clef, c’est un trop court voyage à Censier entre les années 70 et 2000 qu’elle nous propose.
Dans son Dictionnaire des Littératures Policières, Claude Mesplède écrivait « Claude Amoz interroge l’apparence des choses, la fragilité de la mémoire, la recherche d’identité, le passé douloureux qui façonne les êtres de manière indélébile ». Cela résume parfaitement cette novella qui intègre, non moins parfaitement, la collection du même Claude Mesplède, Noir urbain, chez Autrement.
julien védrenne
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Claude Amoz (texte) / Stéphanie Léonard (photographies), Tours de clef, Autrement coll. « Noir urbain », 2004, 89 p. – 5,00 €. |
