Regardez mais ne touchez pas (Théophile Gautier/Bernard Lopez)

 Un spec­tacle bien mené, même si l’on ne sait pas bien où il va

Le pro­pos est intro­duit par un nar­ra­teur bouf­fon qui va accom­pa­gner l’action durant tout le spec­tacle, sin­geant son amour de l’Espagne, pré­sen­tant les per­son­nages, lisant les didas­ca­lies, jouant les alga­zils, cor­ri­geant la dic­tion des acteurs. La pièce est une moque­rie à l’endroit de la mode his­pa­ni­sante du XIXe siècle. Théo­phile Gau­thier cari­ca­ture l’étiquette de la Cour, le sens de l’honneur et des conven­tions attri­buées à la pénin­sule ibé­rique. L’action repose sur une série de qui­pro­quos don­nant lieu à des scènes de genre, qui font se ren­con­trer des carac­tères figés dans des pos­tures typées. L’argument reste faible : deux pré­ten­dants se dis­putent l’honneur d’avoir sauvé la Reine, tout en ris­quant la sen­tence qui punit ceux qui l’ont phy­si­que­ment tou­chée. (photo Lot)

L
a com­pa­gnie Abraxas fait de cette pié­cette plai­sante une comé­die bur­lesque qu’elle conduit à une allure vive : le pro­pos est dyna­misé par un jeu de mimiques, de facé­ties atten­dues mais opé­rantes, car trai­tées avec la légè­reté qui s’impose. La repré­sen­ta­tion emporte une adhé­sion mesu­rée : elle sus­cite l’amusement plus que l’intérêt. Le ton reste mono­li­thique, même si on assiste à des rup­tures de rythme. On passe un bon moment, avec un spec­tacle bien mené, même si l’on ne sait pas bien où il va. En effet, bien que les acteurs soient effi­caces, ils sont tenus par le genre ; l’ensemble repose fina­le­ment sur l’ironie mise en scène par le pro­cédé de nar­ra­tion en direct. On sort de la salle dis­trait, égayé, par­tagé mais non édi­fié ni porté.

chris­tophe giolito

Regar­dez mais ne tou­chez pas

De Théo­phile Gau­tier et Ber­nard Lopez

Mise en scène de Jean-Claude Pen­che­nat
Assisté de Maria Anto­nia Pin­gi­tore
Avec Sarah Ben­sous­san (en alter­nance avec J. Mar­go­lin), Samuel Bon­na­fil, Chloé Donn (en alter­nance avec J. Gogny), Flore Gan­diol, Jeanne Gogny, Paul Mar­cha­dier, Judith Mar­go­lin, Alexis Per­ret, Damien Roussineau.

Com­pa­gnie Abraxas : compagnieabraxas@gmail.com

Scé­no­gra­phie : Jean-Baptiste Rony
Assisté pour la construc­tion par Damien Rous­si­neau et Alexis Per­ret
Cos­tumes et acces­soires : Théâtre de l’Epée de Bois – Jean-Claude Pen­che­nat
Cos­tu­mière : Domi­nique Rocher
Lumières : Maria Anto­nia Pin­gi­tore et Adib Kharrat

 Au Lucer­naire, Centre natio­nal d’art et d’essai, 53, rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris,
Du 3 octobre au 18 novembre 2012, à 21h30, du mardi au samedi, le dimanche à 15h.
Réser­va­tions :  Char­gée de dif­fu­sion : Arts et spec­tacles – Colette Cohen arts-spectacles-prod@wanadoo.fr

Le texte de la pièce, de 1847, est reparu aux édi­tions Vene­tum en 2012.

 

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