Alex Hanimann : récupérer, classer, créer – entretien avec l’artiste(M/2, Vevey 1987-1991)

Alex Hanimann : récupérer, classer, créer – entretien avec l’artiste(M/2, Vevey 1987-1991)

Pour Alex Hanimann, le texte devient parfois un sujet graphique qui travaille le langage de l’image. Le Suisse exploite signes typographiques, mots, phrases en passant d’une langue à une autre. La textualité du mot comme de l’image devient texture visuelle. Soulignés, barrés, lus dans un sens inversé, transposés dans une autre langue, ces textes-images issus d’archives de photographies découpées en journaux et magazines permettent à l’artiste d’inventer son propre corpus.
Tel un nouveau Warburg, il classe aussi des vignettes pour créer des montages. Chaque groupement devient enseigne lumineuse dont la cohérence flotte volontairement. Au regardeur d’en faire ce qu’il « entend » afin de franchir bien des seuils.

Alex Hanimann, M/2, Vevey 1987-1991, JRP|Ringier, Zurich, 2017

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Savoir que j’ai des travaux urgents à faire.

Que sont devenus vos rêve d’enfants ?
Je me voyais comme un cow-boy dans l’Ouest sauvage.

Qu’avez-vous abandonné ?
Etre ce cow-boy.

D’où venez-vous ?
D’un temps premier ? Peut-être de l’Orient, de la Mongolie.

Quelle est la première image dont vous vous souvenez ?
Celle d’un cheval.

Et votre premier livre ?
Un livre d’enfant au sujet de la vie à la ferme.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Mes origines et l’histoire personnelle de ma famille.

Où travaillez-vous ?
La plupart du temps dans mon atelier. Et mon travail est un mixage de composition et de création.

Comment expliquez vous votre manière de créer textes et images ?
C’est le moyen de mixer les matériaux qui m’inspire avec ma propre personnalité.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A personne.

Quelle musique écoutez-vous ?
Beaucoup de musique classique mais aussi de la musique de la nature déconnectée de la culture.

Quel livre aimez-vous relire ?
«Les affinités électives » un roman écrit par Johan Wolfgang von Goethe.

Lorsque vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Souvent moi, parfois mon père.

Quelle vile a valeur de mythe pour vous ?
Londres.

Quel film vous fait pleurer ?
Un film avec Meryl Streep, « La route de Madison ».

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un poulain.

Que pensez-vous de la phrase de Lacan : « Aimer c’est donné ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas » ?
Les sentiments humains sont sans fond, impénétrables.

Et celle de W. Allen « La réponse est oui mais quelle était la question ?
Non, non, oui.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Beaucoup. Par exemple : où êtes vous maintenant ?

Présentation, traduction de l’anglais et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 15 septembre 2017.

Laisser un commentaire