Ursula Mumenthaler, Area (exposition)

Ursula Mumen­tha­ler : détruire dit-elle

La gene­voise Ursula Mumen­tha­ler joue de la lumière et de l’architecture au sein de la pho­to­gra­phie afin de créer de sur­pre­nants espaces. D’abord inté­rieurs puis exté­rieurs. Elle s’inspire des images de catas­trophes natu­relles afin de mon­trer com­ment les êtres se battent (mais en vain) contre la puis­sance de la nature.
Avec Area, elle dis­tri­bue des construc­tions pla­cées au sein du chaos. Ses villes maquettes sont maquillées de façades ber­li­noises et pari­siennes aux­quelles des pay­sages réels sont super­po­sés. La ville se retrouve anni­hi­lée et aban­don­née : elle devient la relique ou la ruine de ses lustres anciens.

Dans la série Jour­nal le pro­pos est dif­fé­rent. L’artiste modi­fie des images de presse en néga­tifs colo­rés propres à sug­gé­rer une autre forme de chaos. Il met à mal nos cer­ti­tudes et la pré­ten­due gran­deur de notre civi­li­sa­tion. Ursula Mumen­tha­ler ne cesse de créer un art méta­pho­rique très contem­po­rain. Il com­bine la sen­si­bi­lité de la beauté poé­tique avec une forme de réa­lisme bru­tal et grave.
Une ago­nie rampe. Cer­tains peuvent y voir la vanité des vani­tés. Mais qui sait ? l’artiste n’en pré­ci­pite pas seule­ment la fin, elle veut y voir peut-être un recom­men­ce­ment. Elle n’a pas qu’un cadavre sur les bras mais l’avenir devant elle.

jean-paul gavard-perret

Ursula Mumen­tha­ler, Area, Gala­rie Gisèle Lin­der, Bâle, du 5 novembre 2016 au 7 jan­vier 2017.

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