Virginia Mori, Hotel Miramare
Grâce à Virginia Mori le voyeur peut croit à la transparence de la fable et de son leurre puisque l’ensemencement du dessin le plonge dans une étrange folie au milieu de jeunes filles en fleurs parfois insidieusement vénéneuses. Pour elles, pas question d’avouer la faute qu’elles n’ont pas vraiment commises puisque seul le dessin en est la cause plus que le fruit. Il embaume le corps nubile au mirage des ressemblances que la créatrice italienne invente. Elle glisse des indices surréels au fond d’un jeu de pistes. Chaque portrait devient l’icône dont l’aura reste indélébile.
Qu’importe alors si le temps passe car l’œuvre le retient. Partout encore la vacance, partout la souveraineté du silence. Les écolières vont (dans leur naïveté ?) aussi loin que l’artiste le veut. Elles se tiennent au bord d’une piscine comme au bord du sort commun. Elles empruntent aussi des coursives qui donnent accès à des antichambres secrètes.
Elles y demeurent plus abeilles que détenues. Leurs silhouettes sont belles et pâles comme celles des femmes dans les films d’Ozu. Elles sont là, elles sont loin. Leur proximité comme celle de leurs propres fantasmes (elles sont elles-mêmes voyeuses) demeure infranchissable. Parfois, elles se soumettent aux monstres féminins qui rampent vers elles voire entre leurs cuisses.
Et nul ne sait si le matin les en délivre ou les transforme en Princesses. Elles vont à la cuisine pour préparer un café. Le temps glisse,il n’a pas de prise.
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jean-paul gavard-perret
Virginia Mori, Hotel Miramare, Blu Gallery Edition 2016 – 18,00 €.
