Kill Bill – Vol. 2. Edition collector 2 DVD

Kill Bill – Vol. 2. Edition collector 2 DVD

Même culte, un réalisateur ne suscite pas que l’engouement béat. Pour preuve cet avis… tranché sur Kill Bill de Q. Tarentino


Au secours, Quentin revient !

Et la bride aussi. Tout le monde se demandait ce qui allait bien pouvoir lui arriver après qu’elle eut, dans le premier opus, fait couler assez de sang pour remplir un château d’eau. Hé bien cette fois elle remonte à la source de ses emmerdements et finit par se pécho un gars prénommé Bill qui ressemble furieusement au « petit scarabée » de notre enfance. Donc tout est dans le titre et inversement. On n’a pas à se plaindre. Mais attention, âmes délicates (cinéphiles ?) et lecteurs de DVD pas étanches s’abstenir (c’est vrai, c’est dégueulasse, ça en colle partout. Et puis comme c’est lourd, ça prend au fond. Pour ravoir son lecteur après faut le faire tourner, minimum deux jours, en boucle sur une galette qui ne doit être en aucun cas signée Quentin-le-sanguin.) Kill Bill !! Toute l’histoire en deux mots. Et il y en a deux couches en plus. Mais à ce compte-là, on peut préférer L’Homme qui tua Liberty Valance.

À votre avis, elle va l’avoir, Bill ? Ça je ne vous le dirai pas. Z’avez qu’à : 1) vous munir d’une trousse de première urgence. 2) acheter ou louer le film. Paraît même qu’il existe une version cadeau troudux avec les deux films et un morceau de pellicule encore dégoulinante. À vous de voir, donc. Pour savoir. Tout ce que je peux dire c’est que ça finit bien. C’est-à-dire que ça finit vite. C’est là tout ce que l’on peut en tirer si l’on veut faire le Kéké dans les soirées en causant du Dividi de Quentinnn.

Car enfin, et pour être honnête, du moins avec moi-même, il s’agit là d’un des plus grands et des plus réussis foutages de gueule auquel il m’ait été donné d’assister. Premier, deuxième, ou 300.000e degré entendus, on (on, c’est moi) a beau chercher, gratter au fond et dans les coins, une daube reste une daube. Et toutes les gorges chaudes qui ont élevé cette plaisanterie au niveau du chef-d’œuvre seraient bien avisées de faire provision de boules de gomme. Vont en avoir besoin.

Tintin l’a dit partout, son apprentissage cinématographique s’est fait alors qu’il exerçait dans un vidéo-club. Là, après la fermeture, il visionnait ce qui allait devenir ses références. Ouais !! J’ai fait moi-même quelques passages dans ce genre d’échoppe. Je vous garantis une chose : ce qui reste dans les présentoirs après qu’on a mis dehors le dernier client avec sous le bras le film de boule qu’il hésitait à demander, c’est quoi ?… Les grosses daubes… et les monuments du cinéma, surtout s’ils sont en noir et blanc. Je ne voudrais pas faire de la peine à QT, mais franchement, pour ceux qui sont au courant, ça se voit comme une balle de magnum entre les deux yeux. Prenons le chef-d’œuvre. Au moins un très bon film. Mais en noir et blanc. Au hasard donc, prenons l’ultime Razzia de Kubrick. Ceux qui ne l’ont pas encore vu trouveront sans doute que ce SK est une sacrée feignasse et qu’il a tout piqué à QT. Ben quoi, un film sur un hold-up raté raconté en flash back, avec violence et compagnie, je suis pas miro, c’est Reservoir Dogs.

Mais laissons là le chapitre de l’usurpation qui somme toute ne fait de mal à personne, pour s’arrêter sur celui de la psychanalyse de bazar. Non mais vous avez vu ce qu’il lui fait subir à cette pauvre bride ? Rien ne lui est épargné, le catalogue complet des sévices avant et après vente. L’encyclopédie du sadisme y passe tout entière, article par article (faut bien deux films pour cela) et tout en gros plans. L’enterrement vivant étant une pièce de choix, on l’a gardé pour le début de la seconde partie. Histoire de fidéliser le voyeur. Franchement, Quentin, j’aimerais pas être à la place de ton « shrink ». Allez, dis-le-nous ce qu’elles t’ont fait, les filles ? T’ont volé ton quatre-heures ? Imaginons une seconde que Ginette Garcin remplace Umma Thurman, est-ce que notre petit génie lui aurait fait subir les mêmes horreurs ? Belle et abandonnée à moitié morte ! Détective le retour. Quelle bouffonnerie ! Et à quel prix ! Parce que le coup de rendre hommage aux séries Z, pourquoi pas ! Mais pas à coups de Dolby et de Dollars. C’est trop voyant. Et cela, vois-tu, Tintin, non seulement c’est vulgaire, mais ça ne nécessite aucune prédisposition pour la mise en scène.

Et les bonus ? me direz-vous. Il y en a sûrement. Mais ces deux films sont à eux seuls le bonus le plus achevé d’un film caca boudin enrobé dans un vieux Télérama.

frederic bourtayre

Kill Bill – Vol. 2. Edition collector 2 DVD.

-  Réalisateur : Quentin Tarentino
-  Avec : Uma Thurman, Gordon Liu, David Carradine, Michael Madsen, Daryl Hannah, Michael Parks
-  DVD zone 2, édité par TF1 Vidéo, sorti le 6 janvier 2005.

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