Cédric Bannel, La Conjuration de Tokyo

Cédric Bannel, La Conjuration de Tokyo

Après L’Afghanistan – L’Homme de Kaboul, Baad, Kaboul express, l’Ukraine – Les Fantômes de Kiev, Cédric Bannel retient le Japon comme cadre de son nouveau roman et propose une immersion totale dans ce pays.

Kido Ren est enquêtrice au BSCI, le très secret et redouté Bureau des Services de Contrôle Interne des Nations unies. Sa petite taille, ses longs cheveux teints en bleu, masquent une volonté et un courage assuré.
L’affaire débute en 2027, six jours avant l’Opération. Kido est dans la banlieue ouest de Tokyo, à la demande de Watanabe, le chef d’enquête criminelle. Elle est confrontée à son premier meurtre. Elle connaît les victimes, Yasunari Hondo, son mentor à l’ONU, et son épouse. Il a été poignardé dans la cuisine, elle a les cervicales brisées dans la chambre. Sur la table de chevet, un petit paquet de cocaïne porte à conclure sur une tuerie liée aux stupéfiants. Or, Kito est persuadée que son responsable ne se droguait pas.
L’homme qui a tué le couple est connu, entre autres, comme Zan Neko – Le Chat qui tranche. Il surveille de loin. Si ses employeurs connaissent bien le flic, nulle mention d’une jeune femme. Il la suit pour savoir qui elle est, où elle réside car la règle impose d’éliminer toute personne qui se mettrait en travers de l’Opération…
Mais Kito ne croit pas à ces meurtres crapuleux même si des bijoux, des appareils, ont été volées. Avec l’aide sa mère, malgré la demande de l’ONU de se retirer, elle va avoir cinq jours pour faire dérailler une mécanique implacable…

Pour ce roman, l’auteur installe un compte à rebours tendu qui génère une urgence continue et donne un rythme tonique. Il place, dès les premiers chapitres, un double meurtre, une mise en scène grossière, un vol effectif pour accréditer un crime crapuleux.
Pour mener des investigations clandestines, contre les décisions de classer l’affaire, le romancier met en scène un quatuor de protagonistes particulièrement riche en compétences diverses et singulier. Kido est assistée de Sanae, sa mère, qui fût proche des milieux yakuzas, le crime organisé. Elle connaît les bas-fonds et leurs fonctionnements, pouvant aller dans des lieux secrets. Elles vont pouvoir compter sur l’aide de Madame Satomi, vieille conseillère d’un dirigeant de la pègre, et de Masaki, un ancien champion de sumo, devenu comme un enfant suite à un accident grave mais ayant toujours les réflexes d’un combattant.
Face à eux, Zan Neko, un tueur professionnel, ancien colonel des forces spéciales qui agit par conviction en un idéal impérial.

Parallèlement à cette intrigue, Cédric Bannel raconte le difficile combat des femmes japonaises pour leur émancipation dans cette société où règne un climat très féodal. Fin connaisseur de cette culture, il en pointe le conservatisme voire l’archaïsme. Or, ce pays est très contrasté, une double face avec le mélange de coutumes ancestrales et le modernisme, un peuple policé et violent, une imbrication du pouvoir politique et des yakusas.

Ce roman se découvre avec un bel intérêt pour son intrigue tendue, son héroïne attachante, ses ambiance restituées avec brio, et la découverte basée sur une connaissance solide de cette société qui fascine.

Cédric Bannel, La Conjuration de Tokyo, Éditions XO, coll. Thriller, mai 2026, 400 p. – 21,90 €.

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