Giulio Malinverni, Natura morta natura viva (exposition)
Pierres et visions
Le projet Nature morte, nature vivante explore le dialogue entre la matière naturelle et l’intervention artistique à travers un cycle d’œuvres réalisées sur pierre – marbre, albâtre et onyx – qui ramènent au centre une pratique ancienne : celle de la peinture sur un support en pierre, une tradition qui connut un grand succès entre le XVIe et le XVIIe siècle.
Dans ce retour à la technique de la pierre peinte, Giulio Malinverni ne cherche pas une citation historique, mais une continuité avec une pratique issue d’une recherche approfondie sur la relation entre la peinture et la matière. L’intervention picturale, réduite à l’essentiel, peut transformer la substance minérale en fleur, plante, plumes ou pelage d’animal, comme s’il était possible d’éclaircir la matière elle-même, de modifier sa perception plutôt que sa substance.
La pierre, avec ses veines et son design organique, n’est plus un simple support, mais devient le principe générateur de l’image : en réalité, c’est précisément la décoration naturelle du marbre qui suggère à l’artiste des formes, des sujets et des compositions qui orientent le geste pictural vers une sorte de révélation. Les œuvres de Malinverni témoignent ainsi d’une tension constante entre nature et artifice, entre l’immobilité minérale et la vitalité biologique.
À travers des images silencieuses et méditées, Malinverni invite le spectateur à reconsidérer la relation avec la matière, remettant en question la possibilité que même ce que nous percevons comme statique contienne une forme latente de vie. Nature morte, Nature vivante devient ainsi une enquête poétique sur la métamorphose, la perception et la capacité de l’art à rendre visible ce qui existe déjà, mais qui reste caché à la vue.
jean-paul gavard-perret
Giulio Malinverni, Natura morta natura viva, Ca’ Pesaro – Galerie internationale d’art moderne, Venise du 21 avril au 14 juin 2026.