Curzio Malaparte, Exils. Œuvres choisies

Curzio Malaparte, Exils. Œuvres choisies

Successivement arrêté par la République de Salò en juillet 1943 pour avoir fait courir le bruit qu’il y aurait un coup d’Etat allemand en Italie, par les Alliées américains débarqués à Naples en novembre 1943 pour activités fascistes… et par les autorités italiennes, Malaparte était solitaire, mondain et un insaisissable mais aussi un grand paysagiste – entre autres lorsqu’il fut relégué aux îles Lipari avec la seule compagnie d’un chien et dans sa maison (laquellese retrouve dans Le Mépris de Godard). Il fut classé comme cynique et masochiste… Il aimait à se prendre lui-même pour un chien, dérangeant les clients des grands hôtels voire en aboyant à la lune, comme il le raconte dans son Journal d’un étranger à Paris que l’on retrouve dans ce volume.

Pour lui, la France était un pays intelligent et libre. Et il appréciait Roger Nimier, qualifié comme le « plus libre des jeunes Français intellectuels », le« plus vif », qui a dépassé « la rhétorique de la Résistance et de la Collaboration ». Et comme lui, Malaparte savait rire de tout: cet ouvrage le prouve tout en oscillant entre la tentation de réenchanter un monde et sa conscience amère du désenchantement définitif produit par la modernité.

Curzio Malaparte, Exils. Œuvres choisies, édition établie et préfacée par Emmanuel Mattiato, traductions de l’italien de Juliette Bertrand, Gabrielle Cabrini, Emmanuel Mattiato, René Novella, Georges Piroué, Quarto/Gallimard, 2026, 1312 p. – 36,00 €.

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