L’âme halète
Tel un almanach, son corps s’offre tous les jours. Bref, elle sexe-pause à tous les courants d’air, d’eau, d’énergies, d’affects. Le tout en libre accès comme l’Ukraine à la Russie. Il y a pour elle toujours une trompe en ivoire. Il rejoint sa poulpe. Elle l’accueille pour succomber à sa mort – entendons la petite. Elle crie et l’autre joue de son oud. Tous les cœurs de l’as s’inscrivent en son buisson noir et en sa carte rouge.
De tels esprits de la résistance persistent. Et qu’importe leur âge. Chacun se prend sur l’acropole de Carthage sous la permanence de son drapé et de son ombre herbée. Elle devient la mythologie commune de leur chute. Mais chut ! Telle la « Nue descendant l’escalier » de Marcel Duchamp, elle reste à l’horizontale, pour de tels fétiches, à l’appel animiste dans son antre sacré.
jean-paul gavard-perret
Photo : Lachian Bailey