Gars rage
(vie telle)
De ta fontaine, il ignore la hauteur de ton chant et sa profondeur des hymnes. Ton amour le hante. Mais s’il plonge trop vite, il rate le coche en te forçant à tout donc à rien. Traverser l’invisible tient par l’ébauche d’une trace. En se croyant en toi, il reste dans le dehors des choses.
Qu’il connaisse d’abord la clarté de tes murmures à l’ombre de ta tubéreuse. Qu’il consente à ta parole avant de disparaître dedans. Sinon, il traverse tes larmes en égaré. Qu’il s’approche doucement pour témoigner de l’éphémère et de ta beauté et qu’il patiente devant l’entretoise de l’inattendu. Déjà, il te cerne de toutes parts où se croisent deux réels. « Patiente, dit-elle, la clarté de notre nuit prochaine ».
jean-paul gavard-perret
Photo : Louis Faurer