Jean-Louis Poitevin, Dieu, les dieux, dieu. De l’Iliade aux Évangiles

Jean-Louis Poitevin, Dieu, les dieux, dieu. De l’Iliade aux Évangiles

Efi Papavassilopoulou est née à Athènes, lieu majeur de sciences et d’histoire, où elle a aussi accompli ses études médicales. Formation complétée plus tard d’une spécialisation en psychiatrie à Paris. Elle a exercé en France en tant que psychiatre des hôpitaux, praticien hospitalier. Psychanalyste de formation et de passion, elle a publié une vingtaine d’articles dans des revues scientifiques de sa discipline et est intervenue lors de nombreux congrès scientifiques. Elle a également fait partie des sociétés savantes « Art et Thérapie ». Elle a, à ce jour, écrit six livres. Sa réflexion est influencée par Freud, Lacan, Heidegger, Aristote, Platon…

Jean-Louis Poitevin, avec son immense culture, ses références multiples de L’Iliade jusqu’aux Évangiles, nous amène à découvrir la problématique de l’existence des dieux. La faille de la conscience se découvre comme le lieu des dieux. Une réflexion fine et pertinente nous accompagne dans cette lecture, avec le plaisir et l’épanouissement de l’esprit. J’étais ravie de la manière fluide et rigoureuse dont est écrit cet essai, où le problème d’apparition de Dieu est expliqué, à la conjonction de l’histoire et de la problématique du psychisme. Il nous entraîne à la lecture avec douceur et rigueur.

Un aperçu de ce travail qui a retenu mon admiration :
Dès l’Antiquité, avec L’Iliade jusqu’à nos jours avec le Christ, l’étude de la conscience nous dévoile une discontinuité liée à l’apparition des dieux. Cette fêlure de la conscience se situe entre la raison et les actes.  Elle nous échappe et nous la nommons mystère. Chez les Grecs, les dieux sont leur conscience (LIliade). L’évolution de la conscience avec l’histoire et la langue préserve toujours cette discontinuité.

Comment la reconnaître ? Il faut se défaire des croyances par les mots et les significations pour l’aborder. Le mystique, l’exaltation pointent cette fêlure qui nous échappe. On reconnaît qu’il y a un monde avant la formation de la conscience. Elle nous met en protection de l’invisible. La conscience nous met en sécurité avec la maîtrise et la disponibilité. La conscience n’est pas connectée aux instances psychiques de la décision : “ elle agit comme un pharmakon, sa fonction d’inversion ”.

La place des dieux participe au plus près à ce phénomène de conscience, elle devient la cause d’un désir, d’une exaltation. On parle du feu divin, du sacré, du confiné, d’incommunicable comme silence. La conscience est l’obstacle pour comprendre ce qui arrive. On ne connaît pas les éléments constitutifs de notre psychisme. Le sauveur rend l’angoisse surmontable, compréhensible grâce à la relation avec le dieu.

La subjectivité du sujet doit être en contact avec la mutation du christianisme au Christ, de l’illumination à la religion. Dans le monde actuel, il faut une solution pour faire face au vide, les Érinyes deviennent les Bienveillantes.

C’est un livre exceptionnel, original, pertinent et clairvoyant. Je recommande sa lecture qui, pour moi, a été un enchantement et une instruction dans une suite logique et éclaircissante.

Jean-Louis Poitevin, Dieu, les dieux, dieu. De l’Iliade aux Évangiles, Éditions Douro, collection Résonances dirigée par Jacques Cauda, 2026, 320 p. – 23,90 €.

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