Laura Grisi, The mesuring of time

Laura Grisi, The mesuring of time

Cette monographie est une rétrospective sur l’une des artistes les plus expérimentales de la seconde moitié du XXe siècle. Ce livre témoigne de la singularité et de la vision innovante de l’artiste italienne Laura Grisi dans l’histoire de l’art contemporain. Bien que son travail ait été en grande partie « réduit » à l’art pop italien, Laura Grisi a travaillé au-delà de cette catégorie, interceptant pertinemment diverses lignes de recherche artistique internationale (art conceptuel, op art et art cinétique-programmé, art minimal) et les appliquant dans sa propre synthèse originale. Dans une activité dont le motif fondamental est le voyage vers des lieux reculés visités et documentés par la multiplicité des médiums utilisés, l’artiste incarne un sujet féminin apatride et nomade qui défie la politique de l’identité, l’univocité de la représentation et l’unidirectionnalité du temps.

Laura Grisi a passé de longues périodes de sa vie en Afrique, en Amérique du Sud et en Polynésie. Cette implication avec des cultures au-delà de celles du monde occidental était destinée à marquer de manière indélébile ses propres expériences dans la recherche d’une pensée cosmique ou d’une science du concret. Elle a fait de la photographie la méthode originale de sa recherche au début des années 1960, et s’est ensuite tournée vers les « Peintures Variables » au milieu des années. Ensuite elle a créé des installations environnementales dynamiques dans lesquelles elle reproduisait artificiellement des phénomènes naturels tels que le brouillard, le vent et la pluie, avant d’aboutir finalement à une forme descriptive et verbale et à un langage mathématique comme outil conceptuel dans les années 1970 et 1980. Le tout afin d’explorer la mécanique de la perception et de la connaissance humaines.

L’ensemble de l’œuvre de Grisi s’efforce de prendre en compte l’étendue, la multiplicité, l’imperceptibilité et la prolifération infinie de tout ce qui est possible, mais commence à partir de contraintes précises, d’écarts paradoxaux, de limitations linguistiques et sémiotiques, conformément à une approche proche du Nouveau Roman, du cinéma de la Nouvelle Vague et du groupe français Oulipo. Au cours de sa vie, Laura Grisi a exposé – entre autres – à la Galleria dell’Ariete à Milan, à la XXXIII Biennale de Venise et à l’exposition collective Italy New Tendencies à la Galerie Bonino de New York et au Teatro delle Mostre à la Galleria La Tartaruga de Rome.
Cette première monographie complète de Laura Grisi rassemble une documentation étendue sur sa pratique multifacette, sa recherche et ses voyages, en se concentrant sur les années 1960-1970.

Laura Grisi, The mesuring of time, JRP Editions, coll. Monographs & Artists’ Books, 2025, 272 p. – 35,00€.

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