Mylène Besson, De l’intime au politique (exposition)

Mylène Besson, De l’intime au politique (exposition)

L’intimité et la forme de politique féministe de Mylène Besson donnent à ses créations une marche forcée avec les traces du corps qui ne le poussent pas vers le ciel mais le rapprochent de la glaise dont elle découvre un certain nombre de plis capables de rendre un peu moins incohérente la condition de vivre lorsqu’il s’agit des femmes.
Franchissant les frontières de la nudité (que pourtant parfois elle recouvre de robes somptueuses ou d’uniformes d’ouvrières), elle garde en elle le pouvoir d’aller vers ce qu’on ne voit pas encore. Elle sait se dégager des visions pré-formatées car elle a compris que celles-ci ne possèdent pas le monde mais se font posséder par lui.

Toutefois, elle ne se prétend pas une prêtresse vaudou mais se coltine avec le réel et une forme de vérité. Et si elle nous tire des larmes, ce n’est pas par des tableaux tristes ou des êtres souffreteux, c’est parce qu’elle trouve les formes oubliées qui nous permettent de nous mettre à l’épreuve d’une proximité demeurée paradoxalement lointaine.
Mylène Besson rend visible quelque chose qui n’appartient pas qu’à elle : car son travail est plus qu’un « autoportrait », elle rapproche du plan de la réalité dont elle installe un univers profond. Sur les surfaces, des lignes et volumes cherchent à parcourir le support et le temps sans jamais l’imposer. Pourtant, si on regarde bien, apparaît une douce horloge qui nous met à l’heure en une simplicité magnétique. Oui, il ne reste que des traces mais qui nous parlent car nous sommes comme enfermés dans leur tremblement. La poésie de Mylène Besson est un univers jamais camphré tout en souplesse et habité d’un profond désir et de l’amour de la vie.

Son œuvre conduit de l’état contemplatif à une sorte de résistance intérieure. Nous entrons alors en un monologue intime par des fournaises mais aussi des brûlis et ce qu’il en reste. Demeurent les nécessaires lambeaux qui échappent à la mode par de telles coupes sur mesures où l’artiste est libre. L’oeuvre reste un mystère qui raconte des histoires vraies, mais aussi parfois des rêves nocturnes, lointains et qui nous traversent, faisant de nous des rêveurs insomniaques sans doute.

jean-paul gavard-perret

Mylène Besson, De l’intime au politique, Galerie du Larith, Chambéry à partir du 20 septembre.

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