Valentin Degueurce, Pharo
Pâle haie de lumière
Le pouvoir de la poésie forcément s’affaiblit et s’use par le quotidien comme si l’essentiel était ailleurs. Mais Degueurce ne recule pas face au réel, lui parle non d’autres choses mais autre chose tout en restant en retrait de tout lyrisme mirobolant. L’auteur tait le chant lyrique par une pression d’un sentiment de ce qui est, qui se relance ça et là non sans une sorte d’affaiblissement de l’existence de tous les jours dans un monde où les perspectives sont négatives.
Existe là un sens du poétique plongé dans une chambres sourde et dans une lumière contre le noir et pour éviter tous manque de repères et d’indices perceptifs. Surviennent hallucinations et évanouissements. L’air coince en voulant passer à travers la succession de passages étroits. Le tout pour retrouver plus facilement ce qu’on a perdu. Certes, un sentiment de malaise s’installe. Mais ici quelqu’un nous fait face : il nous incite à agiter davantage les paupières pour instaurer un climat de confiance. D’ailleurs les femmes clignent deux fois plus. Mais dans ce livre, elles restent rares.
jean-paul gavard-perret
Valentin Degueurce, Pharo, Unes editions, Nice, 2025, 51 p. – 16,00 €.