Marco Gastini, Spazi
Concentration et discontinuité
Marco Gastini vit et travaille à Turin. Depuis la fin des années 1960, il développe une recherche originale sur la peinture. Il explore les éléments qui déterminent son degré d’expression essentiel : le signe, la présence spatiale, l’annihilation chromatique. En conséquence, à partir des années 1990, il poursuit la contamination entre des matériaux hétérogènes qui interagissent entre eux et avec l’environnement. Et ce, parfois à l’échelle monumentale, pour créer des champs d’énergie captivants et irradier une tension dans l’espace qui engendre des émotions chez le spectateur.
Des musées italiens et étrangers lui ont consacré de grandes expositions rétrospectives et la collection « Écrits d’artiste » – voulue par la Fondation Concetto Pozzati et sous le haut patronage de l’Académie de San Luca – publie un recueil de ses pensées sur l’art, la culture et la vie.
Ici, l’artiste affirme avec assurance : « Je suis intéressé à peindre. Mes taches sont de la peinture mais pas comme sensibilité : elles sont un poids, un fait physique, le poids d’un geste qui exige la concentration maximale » Et pour lui, c’est un problème de la peinture dans son essence. Gastini espère que ceux qui regardent ses œuvres acceptent leur manière dynamique, « comme une énergie, comme une action. » écrit-il.
Pour lui, peindre devient une forme de discontinuité. Mais paradoxalement, celle-ci concentre l’attention sur un moment qui dissocie le geste, l’action de l’espace indifférencié. La concentration et la discontinuité annulent donc l’espace et inventent un espace différent. Tout au long de ce livre, se perçoit un tel parcours mental intéressant qui, précise l’artiste lui-même, « ne peut être appréhendé qu’en le considérant, en le vérifiant dans ses composantes physiques ».
jean-paul gavard-perret
Marco Gastini, Spazi, Ed. Maretti Editore, 2015, 88 p. – 19,00 €.