Sandro Penna, Un peu de fièvre

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L’éphé­mère de la ren­contre homo­sexuelle per­met à Penna d’atteindre une vérité essen­tielle. Admi­rant Paso­lini et comme lui, il laisse fil­trer ses attraits. Mais ils le ren­voient à sa propre soli­tude. Il res­sent les menaces de “l’ordre” social dont il est la vic­time mais tout autant son angoisse. Demeure la culture de ses failles moins que de ses défaillances.

Penna reven­dique aussi son propre paga­nisme entre retraits mais aussi cer­tains moments de charme. En une telle prose poé­tique se retrouvent des ban­lieues de Rome ou Milan, des nuits ou des aubes près d’un cinéma de quar­tier ou sur la berge d’une rivière au gré d’un regard, d’un sou­rire. L’humiliation dis­pa­raît grâce à des rap­ports fié­vreux passagers.

Mort en 1972, l’auteur  a pu avant affir­mer sa vérité et son “immo­ra­lisme” gidien. Il ne cherche pas for­cé­ment à créer un pro­saïsme de ses obses­sions.  Il rap­pelle qu’il existe une nature aussi com­pa­rable à celle de ceux qui se disent “hon­nêtes” . Il a décou­vert, en dépit de leur dia­tribes, illu­mi­na­tions et splen­deurs.
Si bien que ce texte est rap­pelé en exergue par le dis­tique tiré de son livre pré­cé­dent, Croix et délice : « Leg­gere piomba sul bene e sul male / la lora dolce fretta di godere » (Arrive légère sur le bien et sur le mal notre douce hâte de jouir)

jean-paul gavard-perret

San­dro Penna, Un peu de fièvre, trad. ita­lien, Jean-Paul Man­ga­naro, Ypsi­lon édi­teur, 2003, 146 p.- 20,00 €.

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Filed under Echos d'Italie / Echi dell'Italia, Erotisme, Poésie

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