Musta Fior, Rendez-vous avec Gyneco-Pervers

Musta Fior, Rendez-vous avec Gyneco-Pervers

Certaines l’aiment chaud

Collagiste autodidacte, Musta Fior aime jouer avec le feu. Et les fantasmes. Son nouveau héros ramène ses clientes à l’espace d’un ordre de déposition. Certaines framboises se transforment en un liquide liquoreux. L’artiste va les cueillir dans certaines revues et livres « vintage ». Le suc vient une fois de plus affirmer son autorité sur des fleurs cachées par d’autres afin que la morale soit presque sauve. Des pétales ont vocation de filtre pour éviter que l’image tombe dans le rouge.
Dès lors, elle se dédouble pour approfondir certaines textures tout en recouvrant des possibles auxquels l’artiste peut donner le nom d’histoires plus ou moins courtes, où se rejoue sans cesse une scène primitive aux couleurs et assemblages vifs qui sautent (presque) aux yeux.

L’aura indélébile est celui d’un plaisir là où l’auscultation passe à l’occultisme (sauve matérialiste – mais poétique tout de même). Musta Fior scénarise le plaisir : pas moyen de l’empêcher même si l’humour crée une conversion. Mais elle n’a rien de religieuse. Chaque image est comme la vie : une succession de détails. Et ne pas entrer en eux revient à ne jamais entrer dans la vie.
Alors pourquoi passer à autre chose ? Ce serait superficiel et sans doute du gâchis.

Musta Fior amuse la galerie. Nous y avons notre place. Mais, contrairement aux pilleurs de sarcophages, en tant que voyeurs nous ne pouvons voyeur aller droit aux bijoux ravis que Gynéco ravit.

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jean-paul gavard-perret

Musta Fior, Rendez-vous avec Gyneco-Pervers,  Editions Culture Commune, Paris, 2018, 28 p..

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