Luigia Sorrentino, Figure de l’eau

Entre traces et poésie

Combi­nant leurs talents, Lui­gia Sor­ren­tino et Caro­line Fran­çois Rubino ont créé un livre de pro­me­nade et médi­ta­tion là où la poé­sie demeure pay­sa­gère. Elle n’est sau­vée que lorsque la poé­tesse s’en échappe et lorsque, ayant « englouti le lac / a essayé de par­ler / un gru­meau d’eau dans la bouche ». C’est seule­ment dans cet espace méta­pho­rique que l’univers emporte dans son noir pro­fond autre­ment qu’en plans fixes.
Certes, la Napo­li­taine est ici plus femme du nord que du sud, des « finis­tères » que des plages médi­ter­ra­néennes. Le poème paraît inté­res­sant lorsqu’il devient humide, moite et inquié­tant. C’est pour­quoi les aqua­relles de Caro­line François-Rubino sont plus que néces­saires. Elles font ce que les mots ne font pas for­cé­ment. Et c’est une belle leçon de conduite. L’image n’est pas à ran­ger sur les tréteaux.

Entre traces et poé­sie, les deux créa­trices tentent une illu­mi­na­tion au cœur de l’ombre. Les paroles semblent (presque) sans adresse sinon à des ali­zés mais qui rentrent en réso­nance avec les neiges et les rochers comme avec des oasis de lueurs où s’abreuvent des rêves archaïques au-delà de « l’acier d’un sou­ve­nir trop vague » où le « je » comme le « tu » deviennent autres.

jean-paul gavard-perret

Lui­gia Sor­ren­tino, Figure de l’eau, Aqua­relles de Caro­line François-Rubino, tra­duc­tion Angèle Paooli, Al Manar, ed., 2017 — 16,00 €.

 

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