Zombie Zombie, Livity
Le summum de la prétention apparaît dans ce nouvel (si l’on peut dire) album dont la pauvreté le réduit non seulement à du sous-Kraftwerk mais à du sous-Jean-Michel Jarre. Preuve que la musique répétitive est le piège absolu qui révèle les faiseurs. Zombie Zombie pense faire entrer en une sorte de jungle et de moog mais quant à appeler – comme certains critiques – Sun Ra pour faire monter la sauce…
C’est à peine de la disco et certainement pas de le techno fût-elle « ambient ». On est loin de Brian Eno voiredes « Silver Apple » et on comprend mal ce qui peut faire le succès d’un tel travail inintéressant au possible. L’électro se veut trans-hypnotique mais tout sent la formule et la musique planante croupit dans un revival Krautrock à la petite semaine.
La pochette de Philippe Druillet n’y peut rien d’autant qu’elle-même est moche. Les artistes voudraient dilater le temps mais ici il ne fait que sembler ne plus finir. La fausse simplicité ludique du trio français reste quelconque. Et s’il y a de l’avant-garde ici, elle date de près de cinquante ans. Le minimalisme électronique est à un degré zéro. Et les conditions de réalisation (tous câbles branchés paraît-il et tous curseurs allumés) ont beau être mises en exergue, le résultat reste du pur cliché.
Cela est peut être écoutable en concert mais nullement en perception attentive et « de salon ». Il n’existe ni concept, ni recherche. Livity rappelle la phrase le Michaux : « Au commencement la répétition » mais à la fin elle assomme. Zombie Zombie porte ici trop bien son nom et rate le coche. Reste à attendre leur résurrection. Ils ont habitué à bien mieux.
jean-paul gavard-perret
Zombie Zombie, Livity, Label Versatile, 2017.