Yôko Ogawa, Petites Boîtes

Yôko Ogawa, Petites Boîtes

La musique du silence

La narratrice vit dans une ancienne école maternelle. Tout y est petit, au format de ceux qui la fréquentaient autrefois.
Elle habite seule là où dans un tel jardin d’enfants se trouve un auditorium – endroit précieux et de mémoire où sont recueillies d’étranges petites boîtes.

Parfois, elle marche dans la nuit en compa­gnie d’un certain M. Baryton, un homme charmant qui lui confie des messages de sa femme disparue et qu’elle seule est capable de lire et de déchiffrer. Mais pour cet homme les mots de son aimée semblent s’amenuiser sur le papier en même temps qu’elle.

Certains soirs sur la colline, aux abords de la ville, des inconnus attendent le passage d’un souffle, d’un brin de vent. Une telle femme sait qu’ils écoutent en pleine nature une musique inaudible pour tout autre qu’eux-mêmes, un chant issu du lointain. Une présence absente.

Tout dans ce livre devient une musique étrange pleine d’échos mystérieux, proche du silence de celles et ceux qui peut-être ne sont plus mais qui retrouvent ici toute une force de vie sensuelle et métaphysique, flottante et suspendue.

jean-paul gavard-perret

Yôko Ogawa, Petites Boîtes, traduction du japonais par Sophie Rèfle, Actes Sud, février 2022, 208 p.

Laisser un commentaire