Victor Guilbert, Brouillards

Victor Guilbert, Brouillards

Marcel Marchand, dit Mama, est un super physionomiste qui travaille pour la DGSE sous une couverture de l’ONU à New York. Pris en filature par deux agents de la CIA, il file à l’Edmond Theater, à Broadway et dissimule, avant d’être assassiné, quelque chose dans l’énorme réserve d’accessoires.
Hugo Boloren a quitté la police et veut se reconvertir en briguant le diplôme de Zythologue. Il est à Sainte-Eudoxie, invité par Mathilde revenue de Shanghai. Sa bille lui a joué un tour et une fois encore a modifié son existence en le lançant sur une enquête locale. Pour l’heure, il est à la terrasse du café et raconte celle-ci au colonel de la DGSE venu le trouver sur les indications du commissaire Grosset. Il lui révèle que son nom a été griffonné sur un bout de papier par Mama avant d’être tué. Il faut qu’il se rende à New York retrouver ce que l’espion a caché dans la réserve de ce théâtre. Pour ne pas éveiller les soupçons, il sera accompagné par Mathilde.
Or, ce qui est présenté comme une mission assez tranquille, va vite se révéler bien dangereux dans ces lieux qui…

Avec Brouillards, ceux de New York mais aussi ceux dans lesquels va se trouver le héros, Victor Guilbert propose la troisième enquête de son policier fétiche. Après son village natal dans Douve (J’ai Lu n° 13430), son séjour dans une zone de non-droits avec Terra Nullius (J’Ai Lu n° 13744), l’auteur le propulse à Broadway dans un théâtre qui abrite une faune curieuse et intrigante dans le mauvais sens du terme. En effet, si le spécialiste des accessoires est trisomique, l’éclairagiste est aveugle. Le directeur a tendance à l’exhibitionnisme et un perroquet est alcoolique. Une ancienne comédienne déchue et divers protagonistes complètent un groupe avec lequel l’enquêteur va devoir composer sachant que chacun porte des non-dits assez lourds.

Hugo est toujours tributaire de sa bille. Celle-ci va encore faire des siennes pendant son séjour. Or, les événements vont vite être dramatiques et il va en payer un prix très élevé. Le romancier conçoit une intrigue dont il quasiment impossible de deviner la conclusion tant il installe rebondissements et coups de théâtre. Il ne fait pas la vie facile à son héros avec sa mère dont il veut ignorer l’état de santé malgré les relances régulières du personnel soignant et avec sa compagne qui lui révèle, en partant, qu’elle est enceinte.

Victor Guilbert sert son récit avec un ton qui oscille entre ironie et réflexions avérées quant à son environnement ou relatif aux caractères et attitudes de ceux qui l’entourent. Le choix du prénom de sa compagne est-il le fruit du hasard ou lui permet-il un hommage à Jacques Brel quand il écrit : Mathilde est revenue ?

Avec cette nouvelle enquête de ce policier atypique, Victor Guilbert signe un polar d’une grande beauté, riche en péripéties et réflexions fondées sur notre société.

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Victor Guilbert, Brouillards, J’Ai Lu n° 14341, coll. Policier & thriller, mars 2025, 288 p. – 8,50 €.

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