Tristan Ledoux, Récidicules
Tristan Ledoux propose des promenades spéculatives dont – et en dépit des sujets – les mâles branches n’ont rien de gnostiques.
Dans la précision des récits et des descriptions et avec un sens du souffle, l’auteur nous propose diverses énigmes dans chacune de ses nouvelles : comment survivre à la perte des sens ? Les marchandises sont elles des fétiches ?, etc.
Redoutant d’être trop indiscret, l’auteur avance avec autant de précision que d’élégance, de pudeur que d’ironie à l’image d’un de ses héros : Sterling qui préfère au besoin se taire plutôt que de pérorer. L’auteur sait jouer de « l’à peine » mais tout en sachant amener progressivement à une conversion du réel par une sorte de poésie en toutes circonstances : sur un marché aux puces comme en tout autre lieu.
Il existe par le réel une théorie en acte de l’imagination. Et ce, en donnant dans les buissons du premier des sortes de coups de pieds aux exigences de la logique.
Emerge en conséquence une sorte de légèreté dans les complexités et les paradoxes que l’auteur déplie au sein d’expériences où les solitaires à la fois cultivent leur quant-à-eux tout en espérant des virages imprévus à leur condition première.
La paix envers eux-mêmes semble la première exigence mais aussi un inconfort plus ou moins crasse et frustrant.
jean-paul gavard-perret
Tristan Ledoux, Récidicules, Les Editions Sans Escale, 2020, 158 p. – 13,00 €.