Sue Rynski, End of the Night

Sue Rynski, End of the Night

Sue Rynski, photographe grunge

L’Américaine Sue Rynski crée des « il était une fois » où les princesses des scènes pop finissent au fond des bars. Pour autant et même lorsque, des moments forts, il ne reste que les rebuts, tout s’anime encore. Un certain show must go on. Sérieux comme le plaisir, la photographe ne charge jamais ses portraits. Le monde est tel qu’il est entre le flux des concerts et ce qui se passe après. Il existe en de telles prises moins des débauches que des débâcles, soulignées par les angles de prises de vue. Sous effet de reportage surgit une poésie grunge, néo-punk dans lequel le regard devra faire une partie du chemin pour comprendre ce qui est à l’image. A partir de cette position de principe, chaque œuvre devient le désir d’être au monde par l’acte de glisser dans la nuit, de s’incarner dans des égéries capables de représenter des pop-stars mais tout autant leur inverse. Et ce n’est par étonnant si Iggy Pop s’est retrouvé dans un tel travail.

En la double expérimentation de l’ombre et de la lumière, Sue Rynski poursuit une recherche plastique et existentielle par la matérialité des couleurs ou du noir et blanc qui entrent en concubinage notoire avec la consistance des heures et l’intensité du sensible. Au fil du temps de la nuit suivent divers méandres, configurations et parfois des doutes. Surgissent, selon les heures, transparence ou opacité là où les sujets ne sont parfois que des prétextes à des figurations libres quelle qu’en soit la nature. C’est en somme le chemin qui préoccupe Sue Rynski, qui saisit les miasmes des impressions fugitives,  fait remonter des désirs et des émotions enfouis ou inconnus.
Elle cultive aussi le trouble par une transparence particulière qui n’est pas synonyme de clarté mais d’une nudité propre. Celle qui ne laisse rien voir entre évidence (ou ce qui est pris comme telle) et mystère. L’œuvre propose des hypothèses vagues que n’aurait pas reniées un Beckett. Comme lui, Sue Rynski ne peut songer à la grâce vu les drôles d’ « anges » en circulation dans son univers.

jean-paul gavard-perret

Sue Rynski, End of the Night, texte d’Iggy Pop, Chez Higgins, Montreeuil, 200,00 €.

Laisser un commentaire