Steve Winwood, Greatest Hits Live

Steve Winwood, Greatest Hits Live

Toujours là

Bientôt septuagénaire (eh oui tout arrive), Steve Winwood sort de ses tiroirs non leur fond mais ce qui a fait tout le talent de l’ex-gamin des faubourgs de Birmingham. Il entra dans le monde de la musique âgé seulement de 8 ans à côté de son père et de son frère aîné dans le « Ron Atkison Band ».
Doué pour de multiples instruments, il pratique la batterie, le piano et la guitare et accompagne à l’orgue Hamond de grands rockers et bluesmen « classiques » : Chuck Berry, BB.King, John Lee Hooker lors de leurs tournées européennes au moment où le rock anglais va utiliser leur musique pour la métamorphoser. Winwood sera bien sûr de la partie. Dès 1965, il enregistre son premier 45-tours sous le nom de « Stevie Angelo and The Anglos ». Mais c’est toujours avec son frère qu’il perce pour la première fois au sein du « Spencer Davis Group » avec des hits tels que « I’m the man », « Keep on running » premiers fleurons du rythm and blues british.

Mais il n’ s’arrête pas en si bon chemin. Lors de la venue de Jimi Hendrix en Angleterre il enregistre avec et pour lui  Voodoo Child. Il est présent sur l’album  Electric Ladyland  et rejoint ensuite le groupe de rock, jazz psychédélique  Traffic  à coté de Jim Capaldi, Chris Wood et Dave Mason. Puis il fonde avec Eric Clapton Blind Faith qui ne vivra que le temps d’un album éponyme. Il participe aussi au premier 33 tours de Joe Cocker  With a little help from my friend.
Progressivement s’engage sa carrière en solo. Mais son premier album ne sortira que sept ans plus tard. Pour patienter, il se retrouve sur le  Berlin de Lou Reed  et relance très éphémèrement Traffic. Il collabore entre autres avec Jade Warrior pour un album remarquable et trop méconnu :  Waves  (un must).

Le temps est venu pour lui de tirer parti de ses expérimentations musicales. En 1976 sort  Go et ensuite son premier réel album personnel (Steve Winwood) puis deux albums qui  deviennent disques de platine aux Etats-Unis.  Mais son grand succès personnel voit le jour en 1986 avec Back In The High Life  enregistré aux Etats-Unis en 1986. Son album suivant Roll with it  connaît le même succès. Et pour la seconde fois Traffic se reconstitue… Il est vrai que ces deux albums solo piétinent : Refugees of the heart  et  Junction 7  sont des flops. Mais Steve Winwood se relève et sort en 2003  About a time  et crée son label (Windcraft). Il retrouve, par la bande, le succès grâce à un de ses vieux titre :  Valerie. Remixé par DJ Eric Prydz il devient un tube sous le titre  Call on me.
Depuis, l’artiste poursuit ses chemins de traverse : il participe au Back to Basics de Christina Aguilera, interprète plusieurs titres du « vieux » répertoire de Blind Faith avec Eric Clapton et enregistre Dirty city pour iTunes. Il décide de prendre sa retraite avec Nines lives et renoue avec le succès et sort – comme tout le monde son best of : Revolutions : The very best of Steve Winwood. Peu à peu, l’artiste lève le pied sans pour autant renoncer ce qui a nourri sa vie depuis toujours.

Winwood reste relativement méconnu en France. Il ne connaît pas la même notoriété que les autres stars du rock anglais. L’occasion est belle de le redécouvrir dans ce bel album qui dépasse le seul concept de « best of ».
L’artiste toujours avide d’expérimentation a revisité ce qu’il offre à l’écoute et où se mêlent passé et présent pour une musique du futur. Elle a encore beaucoup à offrir.

jean-paul gavard-perret

Steve Winwood,  Greatest Hits Live, Wincraft Records / Modulor, 2017.

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