Stefan Koppelkamm, Palermo. Lavori in corso
Palermo hors tourisme (et mafia ?)
Stefan Koppelkamm, invité par l’ « Accademia di Belle Arti » de Palerme pendant l’hiver 2014-15, a photographié Palerme selon des angles particuliers. Non la ville aux façades baroques ou gothiques des églises ou palais mais le centre ville médiéval et la périphérie urbaine, avec leurs stations services, ateliers, marchés et bâtiments en construction ou laissés à l’abandon.
Dans une forme intitulée par le photographe allemand lui-même Lavori in corso, il a recherché tout ce qui échappe au pittoresque mais non sans un certain sens du pictural. Se crée une mise en abyme des idées reçues sur la cité au sein d’un labyrinthe aussi horizontal que vertical. Il montre que certaines apparences sont trompeuses.
Le photographe crée une maïeutique non étrangère à certaines réminiscences mais sans réduire Palerme à cette seule totalité. Le photographe invente sa propre histoire de l’urbain dont il multiplie les branches sans chercher à les réunir. Entre prises presque abstraites et littéralité, la cohérence demeure défaite. C’est pourquoi le photographe continue sa quête – d’où le titre d’ « œuvres en cours » de son livre. Celui-ci est lié au ventre de la ville par delà toutes ses limites temporelles ou géographiques.
Tout reste en éternel débat. Il n’y a rien de reposant ni à l’inverse d’ouvertement inquiétant.
jean-paul gavard-perret
Stefan Koppelkamm, Palermo. Lavori in Corso, Hatje Cantz, Berlin, 2017, 160 p. – 30,00 €. Parution début novembre.