Soudain l’été dernier (Tennessee Williams / Stéphane Braunschweig)

Soudain l’été dernier (Tennessee Williams / Stéphane Braunschweig)

Un spectacle qui ne manque jamais de solliciter l’attention sans parvenir à susciter le plus grand intérêt 

Sur la pellicule diaphane qui rend à peine perceptible ce qui est sur scène dégouline soudain une flaque rouge ; aussitôt le rideau se lève sur un décor curieux, comme une jungle amazonienne ordonnée, faussement apprivoisée. S’engage une conversation mystérieuse, égrenant les prémices d’une énigme qui ne cessera de se développer et d’entremêler son écheveau. Le propos, initialement indéterminé, prend un tour différencié, toujours psychologique, volontiers psychanalytique, tantôt métaphysique.
Tous les dialogues sont empreints d’ambiguïté ; de longues confessions, des inquiétudes nourries concernant un traitement cérébral lobotomisant, des échanges qui se veulent déterminants, tout cela reste sans résolution.

Des visions, des hallucinations se confrontent dans l’immobilité d’un examen statique. Le souvenir de nuées d’horreur se mêle aux évocations de moments de bonheur ; la reconstitution d’une mémoire se manifeste comme consumation des âmes en présence. Il s’agit bien sûr d’une confrontation entre personnes, qui s’affiche rapidement sans issue : dès lors, il convient de savoir si le propos conquiert la valeur édifiante que méritent ses prétentions.
A cet égard, en dépit de la justesse indéfectible des acteurs, de la mise en scène bien sentie, les dialogues sont trahis par des longueurs. Les explications ne semblent jamais se départir de la condition sociale de l’héritier ; la démarche d’élucidation, qui ne trouvera pas de terme, ne se montre pas riche d’enseignements. On assiste donc à un spectacle qui ne manque jamais de solliciter l’attention sans parvenir à susciter le plus grand intérêt.

christophe giolito


Soudain l’été dernier

de Tennessee Williams

mise en scène et scénographie 

photo © Élizabeth Carecchio

avec Jean-Baptiste Anoumon, Océane Cairaty, Virginie Colemyn, Boutaïna El Fekkak, Glenn Marausse, Luce Mouchel, Marie Rémond

Traduction Jean-Michel Déprats, Marie-Claire Pasquier ; collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou ; assistante à la mise en scène Amélie Énon ; collaboration à la scénographie Alexandre de Dardel ; assistante à la scénographie Lisetta Buccellato ; costumes Thibault Vancraenenbroeck ; lumière Marion Hewlett ; Son Xavier Jacquot ; vidéo François Gestin.

production Odéon-Théâtre de l’Europe

avec le soutien du Cercle de l’Odéon

Suddenly Last Summer by Tennessee Williams
L’auteur est représenté dans les pays de langue française par Renauld & Richardson, info@paris-mcr
en accord avec Casarotto Ramsay Ltd, London.
Soudain l’été dernier est présenté en accord avec The University of the South, Sewanee, Tennessee.

Au Théâtre de l’Odéon, place de L’Odéon, 75006 Paris,

Du 10 mars au 14 avril, durée estimée 1h45.

Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h, relâche exceptionnelle le dimanche 12 mars.

Tournée

Théâtre du Gymnase, Marseille, Mardi 25 Avril 2017 / 20h30, Mercredi 26 Avril 2017 / 19h00, Jeudi 27 Avril 2017 / 20h30, Vendredi 28 Avril 2017 / 20h30, Samedi 29 Avril 2017 / 20h30 ;

Piccolo Teatro, Milan, Jeudi 11 Mai 2017 / 19h30, Vendredi 12 Mai 2017 / 20h30, Samedi 13 Mai 2017 / 19h30, Dimanche 14 Mai 2017 / 20h30.

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