Solmaz Sharif, Douanes

Solmaz Sharif, Douanes

Qui ?

Solmaz Sharif illustre et défend une poésie politique, et pour cause.  : « J’ai longtemps aimé ce que l’on porte en soi. » écrit-elle même. Mais elle en a payé le prix.  Et il arrive qu’elle se  soucie peu d’un devenir  transformé en sel – le cas échéant. La poète examine de la sorte douanes et frontières d’un territoire à un autre qui commandent la mémoire au présent et  l’identité à l’exil.

 

Seule face à ses origines perdues, irrattrapables, elle interroge ses racines iraniennes, ses souvenirs imaginés au sein de son Occident où elle est ailleurs : mais Solmaz Shiraz devient native en Californie d’adoption où elle vit. Si bien que, dans cet état, elle a « appris à être ». Considérée parfois comme une barbare, elle s’est habituée à de multitudes images des regards dont certains se nourrissent : l’œil noir des caméras de surveillance, le regard d’un amant ou d’un policier sur son corps nu.

Du Moyen Orient à l’Amérique, dans ses poèmes, elle fait la part entre les émotions et l’identité. C’est à la fois périlleux et intelligent pour se connaître. Bref, c’est « perdre même la perte » là où peu à peu existent des possibilités de permission inconnues, inédites.
Solmaz Sharif rejoint en conséquence suffisamment le régime du phénoménal qui dépassait ses propres conditionnements et en tenant compte des partitions qui régissent sa nouvelle identité où peuvent se jouer non seulement le passé mais le libre pouvoir de l’imagination créatrice.

jean-paul gavard-perret

Solmaz Sharif, Douanes, traduit de l’anglais (États-Unis) par Raluca Maria Hanea & François Heusbourg, Editions Unes, 2023, 104 p. – 19,00 €.

 

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