Skrobonja et Kovacevic, La Roue – Tome 3 : « Les sept combattants de Korot, seconde partie »

Skrobonja et Kovacevic, La Roue – Tome 3 : « Les sept combattants de Korot, seconde partie »

La Roue tourne. Et le lecteur descend en marche

Troisième tour de Roue et troisième palier descendu sur l’échelle de la déception. Et pourtant que d’enthousiasme à la lecture du premier tome ! Il faut dire que l’aventure avait de quoi séduire : un concours organisé par les éditions Glénat (Bédécouvertes) à l’occasion de leur trentième anniversaire, deux lauréats issus d’une culture BD méconnue et négligée (ils sont originaires tous deux de Budapest) et finalement un très bel album, où un meurtrier futuriste, condamné au châtiment de la Roue, se trouvait réincarné dans le corps d’une princesse médiévale en pleine panade guerrière.

Souffle épique, intelligence narrative, dessin époustouflant d’hyperréalisme maîtrisé, on s’imaginait tenir là un joyau, jusqu’à ce que le deuxième tome ne vienne doucher cette flambée de bons sentiments. Douche qui tourne au glacial avec ce dernier opus en date, encore moins intéressant que le précédent. Comment expliquer cette baisse évidente de niveau ? Simplement parce que le scénario, adapté d’une nouvelle écrite par Skrobonja – et qui aurait suffi au seul premier tome – semble dilué, inadapté à la série au long cours, avec quelques revirements de situation qui malheureusement l’éloignent progressivement de son postulat de départ.

Doublé d’une encombrante quête tolkieniste, l’intrigue futuriste patine donc, se regardant le nombril avec satisfaction. Car les auteurs s’amusent et prennent du plaisir, pas moyen de s’y tromper : il suffit pour cela de s’attarder sur les couleurs, très soignées, et sur l’installation pompeuse d’une énième histoire de prophétie avec élus et tout le tremblement. Bien sûr, me rétorquera-t-on, La Roue reste encore un cran au-dessus de pas mal de productions dispensables. Mais cet ambitieux projet, pour l’heure, n’offre plus assez de perspectives pour qu’on suive aveuglément la petite route qu’il s’est fixée. A chaque lecteur de prendre sa chance : La Roue sera l’une des arnaques de la décennie ou l’un de ses chefs d’œuvre. Il n’y aura pas de juste milieu.

damien perez

   
 

Skrobonja et Kovacevic, La Roue – Tome 3 : « Les sept combattants de Korot, seconde partie », Glénat, 2003, 48 p. – 8,99 €.

 
     
 

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