Shiharu Shiota, Under the Skin

Shiharu Shiota, Under the Skin

C’est en défaisant qu’on fait

Chiharu Shiota est devenue une icône de l’installation et de la performance comme elle l’a prouvé lors de la Biennale de Venise en 2015. Faisant feu de tout, ses monstrations parlent de pays natal, de migration, de la vie de la mort à travers une pléthore de valises, chaussures, clés, habits que l’artiste intègre à ses travaux.
Le livre montre les photographies, dessins, objets, etc.. L’ensemble devient l’archive de ses travaux au moment de la première rétrospective de la japonaise installée à Berlin. Elle lutte contre la ressemblance à « façon » (pour parler couture) et par voie de conséquence contre nos constructions mentales. De la matière sont tirées des comètes faites de cambrures et de spasmes

Sortant des limbes du quotidien sans pour autant créer des chimères, Chiaru Shiota garde du visible des structures parfaites où chaque objet devient le vecteur d’extraordinaires voyages entre le dehors et le dedans. Les oeuvres ne représentent en rien un miroir de la mode, mais – saisissant les structures textiles – elles en font surgir leur matière en deçà et leurs strates. Au monde fini l’artiste propose césure et hiatus. L’œil danse au sein de ballets formels pour des passes inédites.
Contre les simples apparences des jeux de surface la profondeur prend droit de cité. Surgissent des achèvements paradoxaux et des ouvertures. Des courbes s’érotisent en absence de corps. Le concept de couture n’a donc plus besoin de traités théoriques : une image suffit. C’est vieux comme le monde : souvenons-nous de l’adage « une image vaut mille mots ». Encore faut-il que l’image possède la force de créer un lieu imaginaire là où tout semble figé.

jean-paul gavard-perret

Shiharu Shiota,  Under the Skin, Edition par  Kunsthalle Rostock, Hatje Cantz, Berlin, 2017, 240 p. – 45,00 €.

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