Raymond Federman, Quitte ou double
Modèle de la « surfiction » federmanienne, Quitte ou double met en place deux postures narratives. Le narrateur veut relate faits et gestes d’un jeune homme juif semblable et plus que frère.
Pour cela, il a décidé à s’enfermer 365 jours pour écrire une année de sa vie.
Il est arrivé en Amérique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il a quitté la France pour l’Amérique, « the land of opportunities », grâce aux finances de son oncle, qui lui-même était parti pour l’Amérique face aux nazis. Raymond Federman compose un texte tour à tour amusant et désespérant, où nouilles, papier toilette, pâte dentifrice, métro et chaussette pleine de dollars deviennent les pierres de touche de la découverte de nouveaux continents : l’Amérique, et la littérature.
D’où ce roman multiforme entre le « je » et le « tu » en feignant que l’un est chantre et l’autre lutrin ou lutin sorti de diverses affres et qui contemple le présent empêtré dans la glu du passé.
Le tout par exploration de la langue là où tout se déplace dans ce tour de force espiègle et étincelant.
jean-paul gavard-perret
Raymond Federman, Quitte ou double, Leo Scheer, Paris, 2004 – 21,00 €.
