Raphaël Julliard, Chromozone & Rreptiles
Raphaël Julliard vit et travaille à Genève où il est né en 1979. Prolifique iconoclaste aussi dadaïste que minimaliste, il a participé à plusieurs expositions en Europe depuis le début du XXIème siècle (Villa du Parc, Annemasse ; Centre d’Art Contemporain, Genève ; galerie Arcadia Missa, Londres ; CNEAI, Paris ; Galerie 1m3, Lausanne ; Centre d’art – Maison Populaire, Montreuil ; Kunsthalle Sankt Gallen ; Kunsthalle Bern). L’artiste provoque des noces du plaisir et du masochisme. En renouvelant les images exterminatrices de pensées et de passion – selon une volonté conceptuelle et théorique mais au sein d’une pratique subtile – l’œuvre paraît un presque rien. Elle se crée en avançant sans souci de qualificatifs « mauvais » ou bon ».
L’artiste provoque l’érection d’une part du feu cachée dans la cendre des installations, des dessins dont la langue n’est que l’écorce. Elle se consume dans l’ombre verticale d’une flamme sans lumière comme la chaleur d’un feu sans foyer. Une telle œuvre réveille des mots (voire des morts) qui pullulent parfois autour des images les nimbant de non-sens provocateurs. Comme pour l’artiste américain (Richard Tuttle) qui est la référence (l’artiste aime les cultiver) de « Rreptiles », le corps n’est qu’un grain de silence au cœur de la lumière de la nuit.
Reste à connaître encore quelle émotion peut surgir dans son secret compressé de multiples matières en une approche coruscante au dévers de tout décoratif – ce qui n’empêche pas l’apparition d’une beauté presque d’évidence. La circulation y est plus vive. Tout tient de l’écart, enchaîne, dissout. Reconnaissons-nous là le portrait de l’île de nos rêves ?
jean-paul gavard-perret
Raphaël Julliard,
– Chromozone, exposition produite par le CEC du 18 septembre au 29 novembre 2014
RREPTILES, livre d’artiste, Édition du Centre d’édition contemporaine, Genève, 2014, 88 p.
