Philip Le Roy, Danse avec la mort
Peuvent-ils en sortir indemnes…
C’est en poursuivant un loup qui s’en prend à ses brebis qu’un berger est terrifié quand il entre dans les ruines de ce qui était un sanatorium aménagé dans un château du XIIe siècle.
Vingt ans plus tard, Maïa ne se sent pas à sa place dans la fête anniversaire de Laura. Celle-ci l’a invitée parce qu’elles sont dans la même classe de terminale. Maïa, dans l’établissement, est victime de moqueries à cause de son fauteuil et de son look gothique. Elle est paraplégique depuis cinq ans. Son rêve de devenir danseuse s’est brisé. Elle décide de partir. Sur la route, elle se sent suivie, prend peur et se retrouve sous un tramway, mais s’en sort miraculeusement.
Laura et Adam sont le couple glamour du lycée. Elle entretient, vis-à-vis de Maïa, des sentiments confus. Aussi, elle veut l’inviter à partir avec elle en vacances d’été sur les bords du Loup, dans les Alpes de Haute-Provence, avec Adam, Ombeline, sa cousine, et son copain, Timothée. Après bien des hésitations Maïa accepte.
Le séjour commence bien. C’est parce qu’il y a trop de monde sur la plage que le groupe décide de trouver un endroit moins fréquenté pour se baigner. C’est ainsi qu’ils arrivent, après quelques incidents, vers des ruines. Ils décident de l’explorer. C’est le début d’une descente aux enfers car…
Le monde des adolescents, des jeunes adultes, est un domaine que Philip le Roy aime explorer. Il goûte d’évoquer les rapports, les sentiments, les émotions, les actes de ces futurs adultes. C’est une période à la fois riche en promesses et en déceptions, pourvue en découvertes, certaines marquant à jamais la personnalité.
Pour ce roman, il constitue un petit groupe de cinq personnages, dont l’un est ostracisé par son handicap. Il plonge ses héros dans une intrigue de thriller horrifique, mettant en scène nombre d’éléments de terreur, les confrontant à des phénomènes parapsychiques. Il enchaîne des actions, des découvertes, des rencontres qui installent un climat de tension, climat renforcé par le handicap de la jeune fille. Mais, il place des séquences d’éveils de sentiments qui semblaient improbables au début du livre, des évolutions marquantes.
Avec Maïa, il explore les situations vécues avec un handicap, les moqueries voire les agressions verbales d’un entourage qui peut être cruel. Il dépeint sa désespérance face à un avenir bien différent de celui dont elle rêvait et pour lequel elle avait tout mis en œuvre, mais aussi sa volonté.
Philip Le Roy intègre des phénomènes paranormaux, des expériences autour de la mort et détaille ceux-ci avec de belles explications. Il mêle également des réflexions, des considérations, sur les grandes religions, un domaine dans lequel il excelle. Il faut se souvenir de romans magnifiques sur ces sujets comme Le Dernier testament en 2005, Grand Prix de la littérature policière (Le Point), de La Porte du Messie et de L’Origine du monde (2014 et 2015 au cherche midi). Il use abondamment de dialogues aux répliques percutantes, humoristiques, moqueuses ou cinglantes, qui génèrent un rythme soutenu et cite de multiples morceaux musicaux, des références littéraires et cinématographiques.
Danse avec la mort se lit avec une certaine frénésie tant l’enchaînement des actions est source de tension, tant son groupe de personnages est attachant, jusqu’à une chute bien inattendue.
serge perraud
Philip Le Roy, Danse avec la mort, Rageot, mars 2025, 352 p. – 16,90 €.