Paule Du Bouchet, L’annonce
Là où bien des frontières se dissipent
Paule Du Bouchet a trouvé la langue de feu et de cendre pour explorer l’insolite scansion d’un angle « mort » de sa vie. Néanmoins, cet angle demeure vivant.
Tout part d’un coup de téléphone : une voix l’a informée de décès de son amie d’enfance, Miette. Elle fut compagne des petits riens comme des heures intenses.
Elle était animée d’une joie contagieuse et d’une mélancolie abyssale. A cela, une raison majeure : elle cachait un secret qu’elle taisait qui la fit céder à la tentation de l’anéantissement. Dès lors, la luminosité ne peut totalement s’afficher et pour cause. Mais l’auteure, travaillée par ce temps, s’extrait de ce qui fut une sorte de champ de mines.
Elle rampe peut-être encore dans les hautes herbes du temps où la douleur est tapie et que le livre rappelle.
Paule du Bouchet livre un portrait singulier, rare et au-delà son propre autoportrait dans un travail du souvenir et sa construction.
Paule Du Bouchet lutte contre là où bien des frontières se dissipent.
feuilleter le livre
jean-paul gavard-perret
Paule Du Bouchet, L’annonce, Gallimard, collection Blanche, 2022, 112 p. -12,50 €.