Michel Braun, Rêveries matinales

Michel Braun, Rêveries matinales

Traversées

Michel Braun aime que – littéralement – la peinture fasse signe.
Loin de pasticher le réel, cette « rêverie » ironique développe l’idée que toute représentation du monde est une construction : avec ses codes propres elle peut dire quelque chose du réel loin de tout effet de représentation.

Quelques stigmates et empreintes coulissent dans chaque page d’un livre où l’amour des titres (pour chaque pièce) n’est pas anecdotique.
Par exemple, cinq éléments visuels épars disjoints rappellent qu’ « un western spaghetti » est « allongé dans l’assiette du voyageur égaré ».

D’où cette suite de traversées là où l’auteur précise que chacun doit « se contenter de plus et militer par le moins ».
C’est un peu ce que réalise celui qui résiste ici à une forme de beauté par le minimalisme tempéré d’humour.

Braun pousse vers ce qui peut sembler une abstraction ou un non sens Néanmoins, la matière image prend de fortes connotations organiques et organisationnelles.
La peinture fait fonction de labyrinthe oculaire enlacé dans chaque page. C’est en ce sens qu’il faut considérer cette traversée des apparences.

Braun est donc l’héritier des ceux que naguère on appelait les primitifs de la peinture et il apparaît comme le dernier grand paysagiste du temps à travers une sorte de tachisme particulier et éclaté.

jean-paul gavard-perret

Michel Braun, Rêveries matinales, éditions Dumerchez, Creil, 2021.

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