Maxime Fontaine & Bertrand Puard, Les Enquêtes de Milady – Le Pinceau Divinatoire

Maxime Fontaine & Bertrand Puard, Les Enquêtes de Milady – Le Pinceau Divinatoire

Milady de Winter apparaît dans le célébrissime roman d’Alexandre Dumas, Les Trois mousquetaires. Elle est alors une espionne à la solde du cardinal de Richelieu. L’auteur lui réserve un bien mauvais sort à la fin de l’ouvrage.
Mais, que faisait-elle avant d’entrer au service du cardinal ? Alexandre Dumas dresse une biographie mais laisse des blancs dans son parcours. Il n’en faut pas plus pour que Maxime Fontaine et Bertrand Puard exploitent ces vides. Ils remontent dans un passé déjà bien tumultueux, mettent sa sagacité au service de la recherche de vérités, imaginent une Milady de Winter en enquêtrice privée.
Le Pinceau Divinatoire relate la troisième intervention de l’héroïne après Le baiser de la Tulipe noire et Les Crimes de l’Horoscope, Fleuve éditions – 2023 et 2024

En 1624, à Paris, rue des Lavandières, Christabel Doncaster a ouvert, depuis moins d’un an, un salon de thé devenu très fréquenté. Ce jour, on lui livre deux grands tableaux peints par Paul Davies. Elle se rappelle avec émotion ses séjours dans son atelier, à Londres. Lorsqu’elle découvre les peintures, elle est déçue, ce ne sont que deux paysages. Aussi, quand on tape à sa porte en l’appelant Milady, qu’on lui transmet des mots magiques comme mort inexpliquée, noble personne, récompense substantielle, elle n’hésite pas.
Elle est introduite chez Georges Vaillant de Guélis et sa fille, un gentilhomme à qui le comte de Lude a dit le plus grand bien de Milady (Les Crimes de l’Horoscope). Son épouse, Henriette, est morte. Sa fille, surtout, pense à une agression et elle souhaite qu’elle fasse la lumière sur cette mort.
C’est Melchior de la Grimaudière, l’apothicaire, qui va révéler qu’Henriette est morte étouffée. Et la piste que commence à suivre Milady se révèle riche en surprise de toutes natures, la plus étonnante étant l’évolution des tableaux…

Faire de cette femme présentée comme une créature maléfique, chargée de tous les défauts possibles, ayant une absence totale de scrupules, l’héroïne d’une série de romans relevant du genre Cosy mystery, relève d’une certaine forme de défi. Un défi assuré de belle manière. Les auteurs rendent attachant ce personnage par sa vivacité, son besoin de ne pas s’ennuyer. Ces enquêtes sont, pour elle, les bienvenues car vanter les parfums et les goûts de tel ou tel thé finit par la lasser.
Le climat de l’époque est bien restitué et les auteurs mettent en scène une galerie de protagonistes aux profils variés, parfaitement dans leur rôle. Pour mémoire, c’est le 13 août 1624 que Richelieu devient le chef du conseil du roi mais ce n’est que le 21 novembre 1629 qu’il est officiellement nommé Principal Ministre.

L’intrigue se découvre avec intérêt pour son côté quelque peu fantastique, pour les démarches que Milady entame dans ce monde du XVIIe siècle et pour une intrigue plaisante à découvrir dont la chute est remarquable.

Maxime Fontaine & Bertrand Puard, Les Enquêtes de Milady – Le Pinceau Divinatoire, Fleuve éditions, mars 2024, 304 p. – 15,90 €.

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