Matteo di Giovanni, True Places Never Are (exposition)

Matteo di Giovanni, True Places Never Are (exposition)

Nostalgia

Il y a dans l’apparente “banalité” des photographies de Matteo di Giovanni une mélancolie qui peut être suggérée par un simple rideau tiré devant une fenêtre. Et par de telles prises, des souvenirs peuvent facilement nous appartenir même  en découvrant des lieux inconnus à travers les trois séries du photographe italien.

Le titre de l’exposition est tiré de Moby Dick et rappelle le sens de ces images petit format. Ce roman clé pour le photographe lui permet de constituer un univers qui n’appartient qu’à lui mais dont les interprétations s’ouvrent à la métaphore existentielle.
Du documentaire et des commandes pour la presse ou les ONG, le photographe – amputé d’une jambe suite à un grave accident et installé à Milan – a changé sa façon d’appréhender la photographie, qui lui a d’ailleurs permis de remonter sa pente.

Dans les séries présentées à Berlin, le regardeur est entraîné au milieu de nulle part et un temps difficile à déterminer ou près du delta du Pô sans la moindre présence humaine et où  l’espace devient impalpable –  mais encore à Pescara où le photographie tente de se réapproprier ses origines.
Se voit ainsi en trois étapes comment le regard de l’artiste se transforme. Il y a là du Chirico qui troquerait les architectures muséales pour des arpents de vie.

jean-paul gavard-perret

Matteo di Giovanni, True Places Never Are, galerie la Galerie Robert Morat, Berlin, jusqu’au 29 juillet.

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