Mary Ellen Mark, Alike, My Friends
Rien de plus extraordinaire que la réalité
La photographe américaine dite de reportage décédée en 2015 disait qu’ « il n’y a rien de plus extraordinaire que la réalité ».
Et pour le prouver, elle a concentré son regard sur différents types d’exclus ou de marginaux.
Mary Ellen se fit connaître dès les années 60 par son reportage en noir et blanc sur les drogués à Londres. Depuis, tous ses portraits sont aussi spectaculaires qu’empathiques et cultivent toujours une sorte de dramatisation.
Sa série anglaise lui ouvrit les portes de Life, Vogue, Vanity Fair et elle rejoint Magnum avant de créer sa propre agence.
Pour photographier ses modèles, elle prend le temps de vivre avec eux : cirque, hôpital psychiatrique, ranchs désaffectés des déserts californiens.
Ou encore Falkland Road, quartier chaud des prostituées de Bombay.
Ce qui pourrait sembler grotesque devient sublime de jour et de nuit là où, par son art, la photographe découvre sa seule raison de vibrer à l’unisson d’un monde caressé de manière incisive afin qu’il ne demeure plus caché et auquel elle empreinte la force et le courage.
jean-paul gavard-perret
Mary Ellen Mark, Alike, My Friends, Huxley-Parlour, Londres, de 19 janvier au 12 février 2022.