Marie Octave Monod, Daniel Stern, comtesse d’Agoult
« Les idéaux humains en passant dans la réalité empruntent à ceux qui les mettent en oeuvre leurs imperfections et leurs faiblesses » rappelle Marie Octave Monod pour signaler, dans ce qui est plus qu’une simple biographie, que Marie d’Agoult en eut.
Elle ne fut pas une sainte mais une femme de passion littéraire, politique et amoureuse (elle eut avec Franz Liszt une liaison des plus brûlantes).
Mais l’autrice de ce livre paru en 1937 et enfin republié montre une féministe à sa façon et comme Mme de Staël. Sachant toujours défendre ses idées, le coeur se taisant, l’esprit prit la direction de sa vie dans un combat en passant des idées ultraroyalistes et catholiques de sa jeunesse jusqu’à s’éprendre des idées libérales et même socialistes.
La princesse d’Agoult, tout en tenant compte des expériences du passé, garda comme sa biographe un regard sur l’avenir pour en distinguer ce qui pourrait libérer les opprimées. Elle fut ainsi une proto-féministe conséquente mettant à mal une certaine idée des pouvoirs pour l’accession des femmes et des humiliés à l’instruction et à la liberté.
Et, à sa manière, Marie Octave Monod poursuivit cette lutte.
jean-paul gavard-perret
Marie Octave Monod, Daniel Stern, comtesse d’Agoult, Des Femmes – Antoinette Fouque, Paris, 2022, 320 p. – 18,00 €.
